N°4 | Les jardins des uns font le bonheur des marcheurs

Depuis quelques temps je vais marcher le soir. Prendre l’air quotidiennement me permet de me vider la tête et de terminer ma journée de travail en profitant un peu du plein air, cela m’aide aussi à décompresser et je trouve que c’est une bonne transition pour amorcer la fin de journée.

Je suis convaincue que lorsqu’on travaille à domicile, il est important de mettre en place des routines, de programmer des activités en dehors de la maison et de prendre soins de sa santé mentale pour éviter les moments de lassitude. Le printemps est toujours une saison agréable pour prendre de nouvelles habitudes et tester de nouvelles choses. J’applique donc cette théorie et j’espère en constater les bienfaits prochainement.

En ville, le printemps est donc le moment idéal pour se remettre en mouvement. Le soleil est motivant, les fleurs qui s’épanouissent sont ravissantes et les senteurs qui les accompagnent sont agréables à respirer et puis nous ne sommes jamais déçus de prendre quelques couleurs aux beaux jours.

Ces dernières semaines j’ai pris soins de terminer chaque journée avec un peu de marche rapide, 30 minutes me permettent de marcher 3 km et d’effectuer 5000 pas.

Après mon installation en Val d’Oise j’ai eu à cœur de déambuler dans les rues de ma ville pour me familiariser avec les différents quartiers. Je dois dire que je commence à avoir mes préférences. Certains quartiers sont constitués de très belles maison, vieilles mais bien entretenues et très bien fleuries aussi, ce qui en cette période est très agréable à observer.

Au début je sortais avec mon téléphone et mes écouteurs pour me baigner dans une atmosphère musicale, ce qui est motivant et permet aussi de décompresser en stoppant les pensées. Mais je trouve finalement que c’est encore une façon de s’isoler et de rester dans sa bulle. Alors qu’aller dehors, pour sortir de sa bulle est le but de la manœuvre.

Le prétexte de sortir marcher pour lutter contre la sédentarité est bon mais la réalité quand on vite en appartement c’est qu’il est vital de se relier à la nature de n’importe quelle façon que ce soit, sinon il devient de plus en plus difficile de créer, on se sent vite épuisé, vidé et on se retrouve à ruminer. Je parle par experience, quelques jours sans sortir, sans sentir le soleil sur ma peau, sans respirer la fraicheur de l’air et me voilà envahie par le spleen.

J’envie les artistes qui vivent en pleine nature, qui ont des ciels, des champs, des montagnes, des lacs, des rivières ou des mers pour source d’inspiration, avec toute la diversité de la faune et de la flore que cela comprend. Cela rend la démarche artistique plus locale, plus facile. Faire vivre un endroit que l’on aime, qui nous anime qui nous fascine doit être exaltant.

Vivre en ville, à proximité de Paris, c’est avoir pour source d’inspiration le bruit des avions, les odeurs des fast food, les clôtures de pavillons et les ronds points décorées de pensées. C’est parfois déprimant. Il faut le dire. Cela ne vend pas du rêve. Alors, créer quand n’aime pas la ville, nous force à puiser notre inspiration ailleurs, dans nos voyages, dans notre imaginaire, dans les livres … C’est différent, c’est difficile aussi.

En revanche, cela permet de devenir maitre dans l’art de cultiver son jardin intérieur ! L’avantage est que cela permet de conserver un certain sens du merveilleux : Je ne suis jamais blasée de ce que je vois, du moment que ce n’est pas une ville d’île de France. Peut-être que ceux qui vivent ailleurs ne font même plus attention au charme discret et simple de la nature environnante qui s’éveille, qui s’endort, qui se fâche parfois … Pour moi c’est splendide !

Finalement il se trouve qu’un jour je n’ai pas pu utiliser mes écouteurs pour écouter ma musique. Cela m’enchantait déjà moins de sortir marcher pour faire le même tour que j’avais déjà fait des dizaines de fois. Mais l’envie de sentir la chaleur du soleil et le besoin de bouger m’ont poussé à sortir tout de même.

En marchant, j’ai commencé à penser inévitablement. J’ai d’abord marché en laissant vagabonder mes idées, puis au bout d’un moment j’ai commencé à me demander ce dont je pourrai bien parler dans ce nouvel article pour mon journal. Un artiste ne s’arrête jamais de travailler en fait.

J’ai commencé à prendre en photo les fleurs que je croisais, les moins belles, celles que tout le monde prend pour des mauvaises herbes. J’ai même vue un voisin tout enlever au pied de son muret à l’aide d’une binette. Il n’a aucune idée que c’est pour moi un réconfort de voir cette nature un peu sauvage s’épanouir, transpercer le béton et offrir un peu de couleurs à la rue et de nourriture au abeilles. Je me suis dit que les gens avaient bien de la chance d’avoir un peu de terre pour y faire pousser des plantations, si c’était mon cas, mon jardin serait conçu pour peindre les fleurs sans doute.

J’aime beaucoup ces petits balades, j’ai l’impression d’avoir avec le temps mes maisons préférées et les voir au fil des saisons changer avec la végétation me ravie, c’est mon petit plaisir de citadine. Parfois je me dis que si c’était mes maisons, je les repeindrai ou je planterai telle ou telle plante ici ou là, parfois je me dis que tout est parfait et que je n’y changerai rien. Ces maisons là, j’aime bien faire des aquarelles.

Je trouve que c’est drôle d’imaginer que personne ne se doute que ce paysage urbain comptent pour les marcheurs et que lorsque l’on cultive un peu son jardon devant chez soi, on l’offre un peu aux autres aussi. Cela peut rendre un quartier agréable ou contraire, infecte. Je repense à cette incroyable glycine sur la clôture d’une maison à côté de mon atelier, je repense au jardin d’une sculpteuse qui n’avait pas de clôtures et qui était composées uniquement de rosiers… Certains jardins me manquent !

Je n’ai pas spécialement de conclusion pour ce partage du jour. Juste quelques pensée qui me sont apparu alors que je marchais et que je me demandais ce qui pouvait bien être inspirant dans mon quotidien…

Peut-être que je ferai des croquis de ces images de rues…

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