Bien qu’au fil des années j’ai surtout été amenée à travailler sur mes perles de verre des motifs décoratifs très géométriques réalisés à partir de l’utilisation de fils de verre, la thématique du végétal à toujours fait partie de mes aspirations. Et je regrette de n’avoir pas encore pu développer quelque chose de sérieux sur cette thématique. J’en avais parlé un peu dans mon article précédent une heure pour créer du neuf dans lequel j’avais partagé mes nouvelles murines de verre de roses et de feuilles de plantes vertes.

Je crois que ce qui freine beaucoup mon approche de l’art floral dans mes perles de verre c’est que le style qui en découle est souvent trop proche du style kitch. Je ne souhaite pas du tout vexer qui que ce soit en utilisant ce mot car le kitch est une approche créative que j’apprécie et que je trouve fascinante à voir et à découvrir. Mais ce n’est pas mon style. D’ailleurs les quelques fois où j’ai proposé des fleurs et des murines florales dans mes perles, j’ai souvent tout simplement supprimé les tiges et les vignes décoratives pour ne laisser que les fleurs dans un effet suspension sur mes perles. Alors, pour moi, aborder le thème floral dans une œuvre sera d’avantage lié à un désir d’évoquer une certaine poésie, de créer une atmosphère particulière. Je suppose que ce serait aussi une façon d’évoquer la féminité et pourquoi pas le cycle de la vie. Finalement, bien que je trouve que le défi d’effectuer des murines réalistes techniquement passionnant pour un perlier, ce n’est pas tout à fait ce que je souhaite faire. D’ailleurs, je crois que ma récente exploration du mouvement impressionniste et mon goût pour l’abstraction influenceront certainement ma façon de travailler les fleurs dans mes perles. Peut-être avec une recherche de couleurs spécifiques ou avec l’idée de représenter une fleur sans pour autant faire de son réalisme l’objectif premier mais au contraire de repousser ce réalisme au second plan en favorisant un travail plus abstrait à première vue.
La question que je me pose c’est comment faire d’une fleur réaliste, détaillée et travaillée un motif abstrait, onirique presque éphémère dans une matière figée et compliquée ? C’est une question qui m’excite. J’ai bien envie de travailler la-dessus de façon prolongée.
Je trouve quelques instants par ci par là pour travailler sur la question et sur ces murines pour tenter de trouver une idée, une piste, une voie à explorer. Je n’ai pas encore trouvé. Pour le moment j’assemble et je mix les idées, mais rien ne m’a capté et je n’ai pas capté ce que je dois faire. C’est à la fois stimulant et à la fois effrayant. Je ne suis pas sûre de trouver. Je ne suis pas certaine que je réussirai à m’approprier cette thématique. Pourtant, cette recherche me plait et j’ai envie de continuer. Je n’ai aucune certitude mais j’ai la foi dans le fait que cela mènera forcément quelque part. Peut-être même quelque chose de tout à fait différent.
Il y a des projets qui sont clairs, d’autres qui le sont moins. Sont-ils pour autant bons à jeter à la poubelle ? Je pense qu’au contraire, ce sont souvent les plus intéressants car l’issue est inconnue et donc tout devient possible. Il faut juste croire au processus créatif, le nourrir, l’observer et donner une chance aux choses.
Dernièrement j’ai donc essayé de travailler la murine sans enrobage pour voir quel résultat cela donnera. J’ai commencé par détendre mes doigts avec une recherche de couleurs et un petit amusement sans but puis ensuite j’ai fait une seconde perles dans le but de créer un motif de fond d’inspiration végétal que j’ai ensuite travaillé avec des murines de différentes manières, d’abord enrobé puis sans enrobage transparent.





Le côté » relief » de la murine non enrobée me dérange un peu. Ce n’est pas tout à fait ce que je souhaite. J’ai toujours préféré les perles lisses. De plus l’effet loupe n’étant que très peu appliqué, il manque un effet flottant, cela atténue ce qui est intéressant dans la murine, sa tri dimension. Cela me questionne beaucoup car néanmoins je trouve que cela crée un rythme différent, un touché différent et cela crée aussi peut-être des jeux d’ombres et de profondeurs différentes. La question de l’enrobage me perturbe réellement car elle m’empêche d’apprécier mes décors au fils, l’enrobage les rends grossiers, je trouve les décors au fil plus beaux sans enrobage, ils apportent quelque chose dans le fond que j’apprécie. J’ai un peu exploré quelques influences antiques également, cela m’a beaucoup inspiré. Mais est-ce que j’ai envie de proposé quelque chose qui aurait une forte empreinte historique dans le style. Pas certaine.
En revanche, la forme oblongue de la perle me semble naturelle. Un peu de longueur et d’arrondi pour évoquer une forme féminine et fertile stimule ma créativité et me donne envie de reproduire la perle encore et encore.

A suivre,
Nathalie.



































Il est fascinant de voir comment les choses arrivent à nous à un moment
donné de notre vie sans qu’on s’y attende vraiment et pourtant de se sentir
happé par ce nouveau centre d’intérêt et c’est aussi à la fois étrange de voir
qu’une matière, des couleurs et des possibilités nouvelles puissent nous
attirer autant alors que d’autres médiums semblaient nous intéresser d’une
façon plus évidente auparavant.
Cela me rappelle cette méditation chamanique à laquelle j’ai participé il y
a plusieurs années. La séance de soins énergétique se déroulait dans une
boutique de cristaux. On n’aurait pas pu choisir un meilleur endroit pour faire
cette méditation ! Nous étions un soir d’été, dans une petite partie de la
boutique, tous assis sur des canapés ou des chaises avec nos pierres fines
entre les mains, pour pouvoir entrer en méditation avec la harpiste prête à
jouer les premières notes hypnotiques. Avant de me rendre là-bas, je savais que
je devrais choisir une pierre pour cette séance et j’étais convaincue que je
prendrais un bloc de quartz rose. Pourtant en cet instant-là, j’ai fait un
choix tout autre en prenant une cornaline orange sanguine de 600g. C’est ce
dont j’avais besoin à ce moment-là. Et finalement en suivant mon intuition j’ai
vécu la plus forte des expériences transcendantales de mon existence, alors
peut-être que cela vaut le coup de se laisser porter par ce qui se présente à
nous.
Bien que la peinture à l’huile m’attire depuis mon enfance ou encore que le
travail de la céramique semble m’appeler depuis des années, ce sont donc les
pastels tendres qui semblent s’imposer dans mon quotidien depuis plusieurs mois
avec cette envie de vouloir comprendre et progresser.
Bien évidemment, il y a des raison pratiques à cela. Peindre aux pastels
demande peu d’investissement pour débuter, c’est une discipline peu salissante,
qui demande également peu d’espace pour pratiquer au quotidien. C’est aussi un
art fortement imprégné du mouvement des impressionnistes, ce qui par conséquent
permet d’obtenir des effets très visuels rapidement. On peut donc pratiquer
quelques dizaines de minutes par jours et pourtant créer de belles peintures.
Il n’y a pas de temps de séchage, les couleurs se mélangent facilement. J’ai le
sentiment pour le moment que c’est aussi une niche artistique.
Quand on éprouve un tel besoin de créer chaque jour mais qu’il n’est pas
possible d’avoir un atelier permanent chez soi ou un autre espace de création dans
son atelier ou que l’on a peu de temps devant soi, peindre aux pastels semble
être idéal !
Je pratique donc désormais depuis plusieurs mois, avec un petit trousseau
créatif de base, un carnet à croquis spiralé de feuilles aquarelles, une
sélection générale de couleurs de » soft pastels » de la marque
Rembrandt, quelques crayons de charbon, du papier calque pour protéger les
croquis et un peu de gesso pour texturer le papier à défaut d’avoir un vrai
beau papier à pastels secs.
La semaine dernière j’ai eu la sensation de toucher du doigt quelque chose
que je recherche avec les pastels, j’ai eu l’impression d’avoir réussi à sortir
un peu des règles de bases et de laisser aller ma créativité et de permettre à
mon regard artistique de s’exprimer plus librement, là où quelques jours encore
auparavant j’avais encore l’impression d’appliquer une méthode, d’avoir
l’impression de faire n’importe quoi et au final de trop travailler la matière
avec pour résultat d’aplatir totalement la peinture finale.
La semaine dernière j’ai eu la sensation de lâcher un peu prise et cela m’a donné
l’opportunité de faire une peinture plus abstraite, telle que je les aimes chez
les autres. bien évidement c’est encore naissant. Mais cette sensation est
délicieuse à ressentir.
Nathalie.





