N°8 | Fleurs de verre et Décor Végétal

Bien qu’au fil des années j’ai surtout été amenée à travailler sur mes perles de verre des motifs décoratifs très géométriques réalisés à partir de l’utilisation de fils de verre, la thématique du végétal à toujours fait partie de mes aspirations. Et je regrette de n’avoir pas encore pu développer quelque chose de sérieux sur cette thématique. J’en avais parlé un peu dans mon article précédent une heure pour créer du neuf dans lequel j’avais partagé mes nouvelles murines de verre de roses et de feuilles de plantes vertes.

Recherche de motifs floraux sur perles de verre – Octobre 2023

Je crois que ce qui freine beaucoup mon approche de l’art floral dans mes perles de verre c’est que le style qui en découle est souvent trop proche du style kitch. Je ne souhaite pas du tout vexer qui que ce soit en utilisant ce mot car le kitch est une approche créative que j’apprécie et que je trouve fascinante à voir et à découvrir. Mais ce n’est pas mon style. D’ailleurs les quelques fois où j’ai proposé des fleurs et des murines florales dans mes perles, j’ai souvent tout simplement supprimé les tiges et les vignes décoratives pour ne laisser que les fleurs dans un effet suspension sur mes perles. Alors, pour moi, aborder le thème floral dans une œuvre sera d’avantage lié à un désir d’évoquer une certaine poésie, de créer une atmosphère particulière. Je suppose que ce serait aussi une façon d’évoquer la féminité et pourquoi pas le cycle de la vie. Finalement, bien que je trouve que le défi d’effectuer des murines réalistes techniquement passionnant pour un perlier, ce n’est pas tout à fait ce que je souhaite faire. D’ailleurs, je crois que ma récente exploration du mouvement impressionniste et mon goût pour l’abstraction influenceront certainement ma façon de travailler les fleurs dans mes perles. Peut-être avec une recherche de couleurs spécifiques ou avec l’idée de représenter une fleur sans pour autant faire de son réalisme l’objectif premier mais au contraire de repousser ce réalisme au second plan en favorisant un travail plus abstrait à première vue.

La question que je me pose c’est comment faire d’une fleur réaliste, détaillée et travaillée un motif abstrait, onirique presque éphémère dans une matière figée et compliquée ? C’est une question qui m’excite. J’ai bien envie de travailler la-dessus de façon prolongée.

Je trouve quelques instants par ci par là pour travailler sur la question et sur ces murines pour tenter de trouver une idée, une piste, une voie à explorer. Je n’ai pas encore trouvé. Pour le moment j’assemble et je mix les idées, mais rien ne m’a capté et je n’ai pas capté ce que je dois faire. C’est à la fois stimulant et à la fois effrayant. Je ne suis pas sûre de trouver. Je ne suis pas certaine que je réussirai à m’approprier cette thématique. Pourtant, cette recherche me plait et j’ai envie de continuer. Je n’ai aucune certitude mais j’ai la foi dans le fait que cela mènera forcément quelque part. Peut-être même quelque chose de tout à fait différent.

Il y a des projets qui sont clairs, d’autres qui le sont moins. Sont-ils pour autant bons à jeter à la poubelle ? Je pense qu’au contraire, ce sont souvent les plus intéressants car l’issue est inconnue et donc tout devient possible. Il faut juste croire au processus créatif, le nourrir, l’observer et donner une chance aux choses.

Dernièrement j’ai donc essayé de travailler la murine sans enrobage pour voir quel résultat cela donnera. J’ai commencé par détendre mes doigts avec une recherche de couleurs et un petit amusement sans but puis ensuite j’ai fait une seconde perles dans le but de créer un motif de fond d’inspiration végétal que j’ai ensuite travaillé avec des murines de différentes manières, d’abord enrobé puis sans enrobage transparent.

Dans l’ordre de création de la gauche vers la droite
Perle de chauffe – Recherches de couleurs et de lignes décoratives
Première perle : Décor au fil inspiration végétale de fougère et murines de roses
Deuxième perle : Sans enrobage
Troisième perle : Inspiration antique, l’idée de la fresque revient ( voir Alignements )

Le côté  » relief  » de la murine non enrobée me dérange un peu. Ce n’est pas tout à fait ce que je souhaite. J’ai toujours préféré les perles lisses. De plus l’effet loupe n’étant que très peu appliqué, il manque un effet flottant, cela atténue ce qui est intéressant dans la murine, sa tri dimension. Cela me questionne beaucoup car néanmoins je trouve que cela crée un rythme différent, un touché différent et cela crée aussi peut-être des jeux d’ombres et de profondeurs différentes. La question de l’enrobage me perturbe réellement car elle m’empêche d’apprécier mes décors au fils, l’enrobage les rends grossiers, je trouve les décors au fil plus beaux sans enrobage, ils apportent quelque chose dans le fond que j’apprécie. J’ai un peu exploré quelques influences antiques également, cela m’a beaucoup inspiré. Mais est-ce que j’ai envie de proposé quelque chose qui aurait une forte empreinte historique dans le style. Pas certaine.

En revanche, la forme oblongue de la perle me semble naturelle. Un peu de longueur et d’arrondi pour évoquer une forme féminine et fertile stimule ma créativité et me donne envie de reproduire la perle encore et encore.

Le processus en croquis – Vais-je faire ce visage ?

A suivre,

Nathalie.

N°7 | Entre ciel et terre

De retour de mes vacances d’été, je rentre avec pleins d’image dans mon téléphone pour nourrir mon année d’éléments inspirants qui influenceront peut-être mes futurs travaux verriers. Je suis très heureuse d’avoir réouvert ce journal créatif car je vais pouvoir partager tous cela avec vous.

Comme beaucoup d’entre vous, ces dernières semaines j’ai fait le pleins de visites culturelles et de nature. J’ai alterné la découverte du pays breton et du pays berrichon avec la visite de nouveaux lieux de cultes chrétiens ou païens et aussi avec la découverte de nouveaux châteaux, musées et même des maisons d’artistes. J’ai découvert le château de Keriolet, l’auberge de Gaugin, plusieurs petites chapelles, la cathédrale de Quimper ainsi que son musée Breton et son musée des Beaux-Arts et puis la maison de George Sand, les marais de Bourges. Sans oublier les randonnées qui m’ont données de nombreuses sources d’inspiration en termes de paysages, de couleurs, de jeux de lumière pour mes futures peintures aux pastels.

Je constate avec joie que je découvre encore des nouvelles choses là-bas d’ailleurs cet été j’ai pris conscience que mon regard s’arrête souvent sur des éléments bien spécifiques dans mes visites, comme la forme des vitraux, les peintures aux motifs dorés, les pierres sculptées, les détails sur les tenues des idoles, ces lieux m’emportent et me fascinent, certains me font me sentir bien, d’autres moins. C’est intéressant à observer.

Ces quelques lignes ne suffiraient pas à vous raconter comment ces vacances ont été bénéfiques pour ma créativité et mon bien être en général. Je voudrai donc simplement m’attarder sur ce qui m’a le plus captivé durant mes vacances concernant mes recherches artistiques pour mes perles de verre.

Détails vestimentaire de la Vierge Marie – Eglise de l’île-de-Groix

Comme j’ai pour espoir de retrouver un peu plus de temps au chalumeau en 2024 afin de me reconcentrer sur mes perles de collections et mes alignements de perles et pouvoir proposer de nouvelles séries uniques, j’ai le sentiment qu’il est temps d’amorcer sur une sorte de travail préparatoire et cet été j’ai été frappé par l’architecture gothique flamboyant des églises et des cathédrales que j’ai pu visiter. Bien que je sois plus sensible à l’art roman, l’art gothique m’a toujours fasciné, c’est tellement monumental ! Mais avec l’art roman, je me sens chez moi en quelque sorte, il y a quelque chose de familier et d’intime, de chaleureux. Avec l’art gothique, je suis impressionnée, admirative et émerveillée.

Vitrail de la Chapelle Notre-Dame de Trémalo – Pont Aven

Ma spiritualité est à la fois très terrienne, rythmée par les saisons et connectée à mon environnement mais elle a toujours été éthérée bien évidemment, rythmée par les solstices et les équinoxes, par le cycle lunaire et les astres, connecté à l’invisible, à l’au-delà. C’est pourquoi je suis toujours heureuse de découvrir de nouveaux lieux sacrés. Ces lieux énergétiques font le lien entre ces deux aspects de la spiritualité et c’est ce qui me plait.

Anges Gardiens – Cathédrale de quimper

Pour en revenir à quelque chose de plus concret et plus matériel, mes perles sont depuis des années plutôt longues et les motifs raffinés. Cet été cela m’a fait tilt. Comme je me nourris d’art sacré j’aimerais donc beaucoup pouvoir retranscrire sur mes perles ce qui me fascine tant dans l’architecture sacrée, dans l’art sacré, dans ce patrimoine sacré que l’on peut retrouver dans chaque ville de France. Il y a sans doute de beaux liens à faire entre ces bâtiments qui sont des témoins de notre culture, de notre société et de notre patrimoine, de notre identité, de nos époques et nos perles qui sont le sont aussi !

J’ai un tel amour pour nos régions Françaises, nos forêts, nos sources, nos rivières, notre gastronomie, nos traditions et notre architecture que ce serait étrange finalement que cela n’apparaisse pas dans mon travail et que mon travail ne soit que le fruit d’une pratique ricochet. Bien sûr, le but n’est pas de parler de religion ou de défendre un dogme. Simplement comment ne pas être inspiré par de tel monuments, de telles ambiances … Les artistes qui ont fait cela sont époustouflants. C’est plus en ce sens que la démarche me plait. A vrai je ne sais pas trop encore, ce travail est là pour ça finalement.

Détails Cathédrale de Quimper – Ciel étoilé

Au fil des années passées à visiter ces temples j’ai constaté que de plus en plus de nos lieux de cultes chrétiens sont restaurés et de fait retrouvent soit la lumière de la pierre blanche, soit la chaleur des peintures de l’époque, avec des coloris d’ocre, de sanguine et de bleu céleste, j’ai vue de si belle chapelle à la campagne, dont les voutes romanes étaient d’un bleu incroyable constellé d’étoile d’or alors que le bâtiment extérieur semblait être à l’abandon. J’aime énormément ce contraste d’ailleurs, comme l’Hermite dans le tarot qui dévoile sous sa cape sa lumière vive, son trésor caché. Cela pourrait inspirer une série de perles avec un jeu intérieur et extérieur de motifs et de textures contrastées.

Décor mural – Cathédrale de Quimper

Dans ces lieux, ce qui me fascine aussi, c’est bien entendu le travail des vitraux. J’en suis souvent déçu je l’admets, je ne m’y connais pas beaucoup en vitrail je dois le dire. Certains captent toutefois mon attention, ceux qui m’ont le plus marqués sont ceux de Chagall dans la cathédrale de Reims, ils sont loin d’être traditionnels mais tellement poétiques, ils m’ont laissé un souvenir très vif en mémoire. Ainsi cette réflexion m’amène à penser que peut-être les vitraux de nos églises, les peintures, les motifs, les couleurs pourraient inspirer une série de perles également. Les jeux de lumière sont des enchantements, j’ai encore en tête le souvenir des couleurs diffusent dans la basilique de Château-neuf-sur Cher en Berry ou de l’église de Pontoise … C’est fascinant, j’ai toujours envie de passer dans ces couleurs.

Vitraux et jeux de lumière – Eglise de Pontoise

Si vous connaissez mon travail artistique, vous savez que je suis une grande utilisatrice du fil de verre pour dessiner sur mes perles des motifs géométriques de toutes sortes. En regardant ces chapelles et ces églises, j’ai observé un bons nombre de petits détails faits d’arabesques, de décors floraux mêlant ainsi le végétal et le symbolisme. Ce seront sans aucun doute de belles sources d’inspiration concrète pour ces travaux de recherches de motifs décoratifs. Et puis ces couleurs ! J’aime particulièrement les décors des fresques qui s’effacent un peu laissant apparaitre en transparence la couleur des pierres. Cela me rappelle le travail des couleurs de la perlière américaine Holly Cooper, bien que son style soit plus empreint de notes antiques, on retrouve ce travail sublime de la couleur du passé.

Détails peinture murale – Cathédrale de Quimper

Pour finir, les pierres taillées et le plâtre moulé. Comment passé à côté de cela, c’est impossible, ces lieux en sont la quintessence. Cet été j’ai découvert le travail d’une sculpteuse parisienne qui travaille la porcelaine à partir de plâtre sculpté, c’est magnifique et raffiné, j’ai réalisé que je n’ai jamais appris de mon grand-père son savoir-faire de staffeur, j’ai reçu juste une brève initiation en modelage petite. En repensant à son travail là aussi inspiré par l’antiquité et à ces bois sculptés, ces bas-reliefs en plâtre et ces pierres modelées, je réalise que c’est une piste qui m’intrigue. Je suis curieuse de voir comment je pourrais retranscrire tous ces éléments dans mon travail.

Détails plâtre sculpté
Pierre taillée Eglise de Pontoise

Au retour de mes vacances j’ai donc pris le temps de trier mes photos et de les classer dans un nouveau dossier de mon ordinateur. D’ailleurs, j’ai beaucoup de mal à conserver ces sources en virtuel et je préfère l’usage des livres pour ce genre d’éléments d’inspiration. Mais, créer sa propre bibliothèque d’images est un travail essentiel. J’ai donc observé de nouveau tous ces détails et cela m’a donné envie de faire une petite page d’inspiration pour mon carnet afin de rassembler les décors les plus marquants et ceux que je pourrai peut-être intégrer à l’avenir dans mon travail.

Planche de croquis – Mon journal créatif

Voici ce que j’ai retenue de ces visites. Ces croquis bien maladroits, seront sans aucun doutes retravaillés plus tard, néanmoins voir tous ces détails rassemblés me permet maintenant de faire des liens, de mieux observer les répétitions et alors il en ressort une dynamique, un esprit, une ambiance … Pour finir, je ferai sans doute une étude des couleurs de ces lieux et c’est sur cela que je baserai les quelques prototypes de perles que je ferai sur cette thématique.

Je précise que j’éprouve un grand respect pour les lieux sacrés. Je n’y rentre jamais sans une intention spirituelle et je pars toujours de ces endroits avec gratitude de plus je fais toujours en sorte de ne pas déranger les personnes qui seraient présentent, surtout si elles sont en prière, notamment dans les petites chapelles de recueillement.

Je n’ai pas parlé des paysages que j’ai vue ni des châteaux et des maisons que j’ai visités, mais je vous en parlerai dans mon prochain article.

Nathalie.

N°6 | Peindre avec des perles

Je n’ai jamais vraiment parlé de cette expérimentation artistique et pourtant cela fait déjà plusieurs années que j’ai réalisé ces tableaux, à l’occasion de ma première exposition solo, au centre Alfred de Vigny de la commune de Voisins-le-Bretonneux.

Je reviens donc avec plaisir sur cette histoire, car ce moment m’a permis de me rendre compte que je pouvais m’autoriser plus que le verre comme moyen d’expression. Du moins en toile fond, car j’ai appris avec le temps que rien ne fait plus progresser que de se focaliser sur une démarche spécifique. Mais là où les peintres n’ont plus de barrières aujourd’hui quant à l’utilisation de divers mediums de créations et de supports, nous les perliers sommes souvent encore très restreints car le verre en fusion ne permet pas d’inclure toutes sortes de matériaux, même s’il en existe un peu, et il ne se travail pas avec les doigts. Le format de la perle peut- être également perçu comme étant très limitant. Pour autant, j’ai toujours eu le sentiment que l’art perlier avait bien plus à nous offrir et que toutes ces limites étaient en fait une chance.

Et puis il y a tant de choses qui façonne un artiste, un parcours et une œuvre ! Il y a tant de phases et de périodes créatives qui construisent l’identité d’un artiste, que j’ai trouvé génial de pouvoir accompagner mes séries de perles d’art avec d’autres éléments qui témoignaient d’une réflexion plus globale concernant ma démarche.

Alors, quand on m’a proposé cette exposition et que l’on m’a demandé si je voulais un espace au mur, j’ai accepté sans hésiter et j’ai pris cette offre comme l’opportunité de m’autoriser à intégrer la peinture à mon travail.

Mon amie Aurélie qui organisait cet évènement m’avait alors suggéré une idée merveilleuse, exposer mes perles d’art dans des vitrines pour les sécuriser puisque l’exposition durait plusieurs semaines et d’accrocher aux murs des tableaux expérimentaux et des citations inspirantes qui décrivait mon parcours ou mon travail.

Premiers gestes, premiers essais de peintures expérimentales

J’avais cette idée de peindre avec des perles depuis des mois. Faire rouler des billes de verre sur des toiles est un processus connu qui a déjà été exploré par le passé. Mais je ne voulais pas que les peintures soient totalement détachées de mes perles de verre, alors plutôt que de peindre avec des pinceaux j’ai décidé de peindre avec des perles de verre. Et je me suis mise au travail !

Au début j’ai simplement fait rouler mes perles sur les toiles. Sans véritablement savoir ce que j’en ferai, où cela me mènerait, j’avais l’impression de gâcher de la matière première, je me disais que les gens trouveraient cela affreux, enfantin ou inintéressant. Mais c’était tellement un plaisir de faire ça, que finalement je me suis totalement laissée porté par le processus créatif.

Perles de verre décorées de fils de verre brisés

A ce moment-là, je travaillais mes perles de verre de façon à jouer avec les lignes et les effets d’optique. J’aimais beaucoup les lignes brisées et je commençais mon travail sur les alignements de perles de verre, seulement je les appelait encore des totems. Alors quand il a fallu peindre avec les perles, plutôt que de simplement faire rouler les perles n’importe comment j’ai décidé de continuer ce travail de fresque de lignes, de continuer à travailler le cheminement. Car les thèmes du lien, de la voie et de la destinée, m’ont toujours beaucoup intrigué.

Les premières lignes tracées grâce à l’utilisation de perles de verre

L’approche était très basique il faut le dire. Les couleurs très peu recherchées. L’idée était le point fort de cette expérimentation car moi je n’avais aucune technique, aucune connaissance de la peinture. Plusieurs personnes m’ont dit lors du vernissage que c’était une approche très brute et pure. Oui, c’était naïf, j’étais comme une enfant découvrant les couleurs et la matière. J’étais reconnaissante que les gens écoutent mon idée, l’observe et soient si ouvert d’esprit, cela m’a permis de vivre une belle expérience.

Acrylique sur toile cartonnée – rayures en reliefs réalisées avec des perles de verre

A force de couche de peinture et de tests quant à la manière de tenir les perles, de les faire glisser, rouler, griffer, ratisser ou encore tomber sur la toile, j’ai trouvé plusieurs façons de peindre avec les perles et au fil des mes explorations quelques idées ont retenues mon attention. Le rendu de mes toiles a commencé à changer et je voyais se profiler des idées intéressantes. Voilà un bel exemple de processus créatif : Partir d’une idée, ne pas savoir vraiment comment faire, tester des choses et aboutir à une piste intéressante. Ce fut passionnant !

Exposition solo – Centre Alfref-de-Vigny

J’ai eu la chance d’être conseillé par les personnes qui m’ont aidé à installer les tableaux. Je n’avais pas de cadre n’étant pas habitué à ce genre d’exposition et ne m’étant pas du tout imaginer les vendre. Je voulais simplement montrer cette petite série de peinture expérimentales presque comme des croquis dans un carnet, déposé en quiconque sur une table. Mais elles ont insisté pour les encadrer et les afficher comme il se doit. J’étais gênée car je n’y voyais pas une grande valeur. J’assumais de moins en moins cette expérience me rendant compte que le centre accueillait chaque mois de véritable artistes peintre ! Moi je ne maîtrisais rien… sauf le verre. Mais une fois encadré, j’ai trouvé que cela mettait effectivement en valeur les tableaux et cela m’a fait reprendre confiance en moi. Comme quoi, il faut toujours aller au bout des choses !

Triptyque intitulé La rivière – Acrylique sur toile
Acrylique sur toile – peinture expérimentale

J’ai rarement eu cette chance de pouvoir créer une exposition de la sorte mais l’expérience fut si enrichissante que ce ne sera certainement pas la dernière. Quand sera la prochaine ? Pour le moment je ne peux pas le dire, mais cette aventure a sans doute permis de professionnaliser davantage ma démarche et m’a donné envie de recommencer. Par la suite j’ai focalisé mon travail sur mes alignements de perles qui ont quand même été au centre de cette exposition, malgré tout depuis j’ai continué à griffonner dans mes carnets de croquis et j’ai commencé à apprendre à peindre .

Avoir ces petits espaces de liberté et d’insouciance créative sont devenus primordiaux pour moi et je me rends compte que ces expérimentations artistiques sont nécessaires pour développer mon cheminement.



N°5 | Jeux de lignes

Un set de perles, quelques minutes devant moi … Ce genre d’instant arrive peu souvent pourtant l’autre jour je me suis surprise au beau milieu d’une séance photo de perles de verre pour mes stages à m’amuser avec ces petites rayures comme un enfant jouerait avec ses billes.

Depuis que j’ai ouvert la porte des alignement de perles avec mes jeux de lignes, j’ai le sentiment de lâcher prise progressivement sur l’idée qu’il faille faire compliqué au profit de l’amusement visuel qui se créé avec l’accumulation de perles, parfois même de très simples perles.

En prenant des photos je m’amuse aussi avec la lumière, les clairs obscurs et les contre jours. Cela réveille ma vieille passion pour la photographie et pour la centième fois cette année je me dis que je devrais reprendre la prise de vue argentique et le tirage noir et blanc. Mais en photographie je n’aime que les portraits, tandis qu’à la peinture je préfère les paysages … Heureusement les perles représentent de belles nature mortes que j’aime beaucoup rendre immortelles.

Même ainsi il y a toujours un équilibre à chercher, c’est marrant de jouer ! On peut jouer avec les lignes ou avec la taille des perles et leur orientation, finalement les possibilités sont nombreuses et ça me passionne. Je ne sais pas si d’autres y trouveront un intérêt … Bienvenue dans mon journal créatif.

J’ai entendu il y a quelques temps une personne dire qu’il valait mieux ne jamais laisser de traces de nos souffrances sur Terre, pour pouvoir mieux réussir notre passage vers l’au-delà lorsque la mort nous appelle, un autre sujet qui me passionne. C’est une pensée que je recueil volontiers, car depuis que je crée je n’ai jamais souhaité imprimer sur la toile ou dans mes œuvres ce qui me torture ou m’angoisse. J’ai griffonné des feuilles de papiers d’idées sombres parfois. Mais le simple fait de les dessiner m’a semble-t-il permis de ne jamais avoir à véritablement les matérialiser. D’ailleurs j’ai brûlé ces croquis. En revanche, j’ai toujours eu à cœur de diffuser des ondes positives avec mes perles, mes images et mes mots …

Comme la marche, ce petit instant où la pensée créative vagabonde m’a fait du bien. Comme quoi il ne faut pas grand-chose pour satisfaire son petit artiste intérieur.

A Mercredi prochain,

Nathalie.

N°4 | Les jardins des uns font le bonheur des marcheurs

Depuis quelques temps je vais marcher le soir. Prendre l’air quotidiennement me permet de me vider la tête et de terminer ma journée de travail en profitant un peu du plein air, cela m’aide aussi à décompresser et je trouve que c’est une bonne transition pour amorcer la fin de journée.

Je suis convaincue que lorsqu’on travaille à domicile, il est important de mettre en place des routines, de programmer des activités en dehors de la maison et de prendre soins de sa santé mentale pour éviter les moments de lassitude. Le printemps est toujours une saison agréable pour prendre de nouvelles habitudes et tester de nouvelles choses. J’applique donc cette théorie et j’espère en constater les bienfaits prochainement.

En ville, le printemps est donc le moment idéal pour se remettre en mouvement. Le soleil est motivant, les fleurs qui s’épanouissent sont ravissantes et les senteurs qui les accompagnent sont agréables à respirer et puis nous ne sommes jamais déçus de prendre quelques couleurs aux beaux jours.

Ces dernières semaines j’ai pris soins de terminer chaque journée avec un peu de marche rapide, 30 minutes me permettent de marcher 3 km et d’effectuer 5000 pas.

Après mon installation en Val d’Oise j’ai eu à cœur de déambuler dans les rues de ma ville pour me familiariser avec les différents quartiers. Je dois dire que je commence à avoir mes préférences. Certains quartiers sont constitués de très belles maison, vieilles mais bien entretenues et très bien fleuries aussi, ce qui en cette période est très agréable à observer.

Au début je sortais avec mon téléphone et mes écouteurs pour me baigner dans une atmosphère musicale, ce qui est motivant et permet aussi de décompresser en stoppant les pensées. Mais je trouve finalement que c’est encore une façon de s’isoler et de rester dans sa bulle. Alors qu’aller dehors, pour sortir de sa bulle est le but de la manœuvre.

Le prétexte de sortir marcher pour lutter contre la sédentarité est bon mais la réalité quand on vite en appartement c’est qu’il est vital de se relier à la nature de n’importe quelle façon que ce soit, sinon il devient de plus en plus difficile de créer, on se sent vite épuisé, vidé et on se retrouve à ruminer. Je parle par experience, quelques jours sans sortir, sans sentir le soleil sur ma peau, sans respirer la fraicheur de l’air et me voilà envahie par le spleen.

J’envie les artistes qui vivent en pleine nature, qui ont des ciels, des champs, des montagnes, des lacs, des rivières ou des mers pour source d’inspiration, avec toute la diversité de la faune et de la flore que cela comprend. Cela rend la démarche artistique plus locale, plus facile. Faire vivre un endroit que l’on aime, qui nous anime qui nous fascine doit être exaltant.

Vivre en ville, à proximité de Paris, c’est avoir pour source d’inspiration le bruit des avions, les odeurs des fast food, les clôtures de pavillons et les ronds points décorées de pensées. C’est parfois déprimant. Il faut le dire. Cela ne vend pas du rêve. Alors, créer quand n’aime pas la ville, nous force à puiser notre inspiration ailleurs, dans nos voyages, dans notre imaginaire, dans les livres … C’est différent, c’est difficile aussi.

En revanche, cela permet de devenir maitre dans l’art de cultiver son jardin intérieur ! L’avantage est que cela permet de conserver un certain sens du merveilleux : Je ne suis jamais blasée de ce que je vois, du moment que ce n’est pas une ville d’île de France. Peut-être que ceux qui vivent ailleurs ne font même plus attention au charme discret et simple de la nature environnante qui s’éveille, qui s’endort, qui se fâche parfois … Pour moi c’est splendide !

Finalement il se trouve qu’un jour je n’ai pas pu utiliser mes écouteurs pour écouter ma musique. Cela m’enchantait déjà moins de sortir marcher pour faire le même tour que j’avais déjà fait des dizaines de fois. Mais l’envie de sentir la chaleur du soleil et le besoin de bouger m’ont poussé à sortir tout de même.

En marchant, j’ai commencé à penser inévitablement. J’ai d’abord marché en laissant vagabonder mes idées, puis au bout d’un moment j’ai commencé à me demander ce dont je pourrai bien parler dans ce nouvel article pour mon journal. Un artiste ne s’arrête jamais de travailler en fait.

J’ai commencé à prendre en photo les fleurs que je croisais, les moins belles, celles que tout le monde prend pour des mauvaises herbes. J’ai même vue un voisin tout enlever au pied de son muret à l’aide d’une binette. Il n’a aucune idée que c’est pour moi un réconfort de voir cette nature un peu sauvage s’épanouir, transpercer le béton et offrir un peu de couleurs à la rue et de nourriture au abeilles. Je me suis dit que les gens avaient bien de la chance d’avoir un peu de terre pour y faire pousser des plantations, si c’était mon cas, mon jardin serait conçu pour peindre les fleurs sans doute.

J’aime beaucoup ces petits balades, j’ai l’impression d’avoir avec le temps mes maisons préférées et les voir au fil des saisons changer avec la végétation me ravie, c’est mon petit plaisir de citadine. Parfois je me dis que si c’était mes maisons, je les repeindrai ou je planterai telle ou telle plante ici ou là, parfois je me dis que tout est parfait et que je n’y changerai rien. Ces maisons là, j’aime bien faire des aquarelles.

Je trouve que c’est drôle d’imaginer que personne ne se doute que ce paysage urbain comptent pour les marcheurs et que lorsque l’on cultive un peu son jardon devant chez soi, on l’offre un peu aux autres aussi. Cela peut rendre un quartier agréable ou contraire, infecte. Je repense à cette incroyable glycine sur la clôture d’une maison à côté de mon atelier, je repense au jardin d’une sculpteuse qui n’avait pas de clôtures et qui était composées uniquement de rosiers… Certains jardins me manquent !

Je n’ai pas spécialement de conclusion pour ce partage du jour. Juste quelques pensée qui me sont apparu alors que je marchais et que je me demandais ce qui pouvait bien être inspirant dans mon quotidien…

Peut-être que je ferai des croquis de ces images de rues…

N°3 | Une heure pour créer du neuf

Depuis plusieurs mois, les semaines s’enchainent et se ressemblent beaucoup. Bien que mes activités quotidiennes changent dans le fond d’un jour à l’autre, mes journées sont un peu toutes les mêmes dans la forme. Cela ne me déplait absolument pas, au contraire je trouve que cela rend ma vie plus facile. La répétition induit une sorte de discipline, il n’y a plus à réfléchir mais juste à agir et peu de décisions à prendre, ce qui soulage grandement mon mental.

Ainsi, ce qui doit être fait est fait. Petit à petit la liste de choses à faire diminues, ce qui me procure toujours un sentiment de sérénité. Mais parfois les choses n’avancent pas comme il faudrait, les contre temps s’interposent, les évènements font dérailler la machine pourtant bien huilée et on n’y peut rien. Il faut alors essayer de s’adapter, de composer, de rattraper le retard et faire de son mieux pour retrouver l’état de fluidité habituelle.

Heureusement pour moi Jeudi dernier ma journée à l’atelier a été formidable. J’ai bien travaillé pour la formation en ligne, je n’ai pas eu de soucis techniques au chalumeau, je n’ai pas rencontré de problèmes informatiques pour stocker mes données ou de problèmes de batterie, pas eu de bouchons sur la route, un niveau de fatigue pas trop prononcé malgré un réveil très matinal, bref, ce fut une bonne journée à l’atelier.

Alors en fin de journée je me suis dit que je méritais bien un petit moment au chalumeau, hors de mon habituelle routine et de mes impératifs.

En effet c’était le bon moment pour profiter de cette énergie créative car j’en avais envie. J’avais l’énergie et une heure devant moi pour la réaliser. Une heure peut sembler long mais quand il s’agit de travailler au chalumeau, nous savons que c’est très court et encore plus lorsqu’il s’agit de développer une technique. Mais une heure est une heure et chaque seconde doit être utiliser si l’on veut voir quelque chose se produire, n’est-ce pas ?

Ce jour-là, j’avais donc la possibilité de m’amuser tout en essayant d’améliorer ma technique, alors j’ai sauté sur l’occasion sans réfléchir avec juste pour objectif de réaliser des murines de roses traditionnelles. Pour ceux qui ne saurait pas ce que sont les murines, ce sont des sections de verre coupées finement à partir d’une cane de verre dont le décor intérieur ne se révèle qu’à ce moment-là et souvent ce décor prend toute sa dimension lorsque les murines sont appliquées sur une perle de verre puis enrobées de verre transparent.

L’art de la murine en verre est une méthode de travail qui finalement fait régulièrement son apparition de façon plutôt discrète au fil du temps dans mon travail, dans mes bijoux, dans mes passetemps à la maison, dans mes dessins et dans mon verre. Mais tout de même une technique qui à sa place.

Parure du printemps pour ma marque de bijoux – Perles de verre « oeuf » avec des murines Jonquilles 2021

En 2015, j’avais réalisé ces murines « pivoines » qui avaient au départ l’ambition d’être des roses. Mais l’aspect généreux et un peu flou des murines m’avaient plutôt fait penser à des pivoines. Clairement, ma technique était encore un peu approximative.

Perles de verre décorée avec des murines florales Pivoines 2015

Jeudi dernier, je me suis donc accordé une heure de recherche pour améliorer ma technique en ce qui concerne les murines de verre et notamment les murines florales de roses.

Cela m’a fait beaucoup de bien de travailler quelque chose de différent. Quelque chose de nouveau et d’ancien à la fois. Ancien car jusqu’à ce jour, j’avais toujours eu le sentiment de n’avoir jamais véritablement achevé mes études à propos des fleurs de verre malgré mes divers essais, nouveau car aujourd’hui ma technique est plus avancée et par conséquent les possibilités me semblent plus stimulantes. D’ailleurs je suis plutôt fière de notifier que cela m’a semblé facile à faire !

J’ai fait une première cane de verre, je me suis rendue compte de mes erreurs et de ce qui ne fonctionnait pas, puis j’en ai fait une deuxième et je me suis rendu compte que mes roses ressemblaient maintenant à des roses.

Murines florales de Roses – 2023
Perles de verre florale – murine feuilles de plante verte – murine de roses

Avec l’expérience, le regard aiguisé, une bonne méthodologie et de solides connaissances ce type de recherches peut aller très vite. J’en serai toujours étonnée de voir à quelle point les centaines d’heures d’essais, d’erreurs et de formation finissent toujours par apporter une immense satisfaction quelques temps plus tard.

Depuis des années mon travail est connu en grande partie pour mes décors de lignes et le travail au fil de verre. Une finalité artistique qui est venu un peu d’elle même dans ma pratique. Pourtant comme de nombreux artistes, c’est la nature qui me porte, qui me ressource et qui m’inspire. Aujourd’hui la nature représente pour moi bien plus qu’il y a dix ans car j’ai appris à la ressentir dans mon énergie, à l’intégrer dans mon processus créatif, à suivre son rythme et ses cycles pour mieux créer et simplement me sentir bien. Je constate d’ailleurs que cette connexion qui se renforce au fil des années commence à se faire sentir dans mon style artistique, mon jeu de lignes évoque de plus en plus les courbes de paysages abstraits. Mais l’envie de représenter la nature d’une façon réaliste reste présent dans mon tableau d’inspiration mental et vient souvent titiller mon éventail de compétences techniques.

Quel bonheur de s’accorder ce genre de moments. Je vous le recommande ! Même si vous n’avez qu’une heure devant vous, si vous sentez que l’énergie et l’envie sont là, foncez, c’est votre moment, votre instant de fluidité, il sera gagnant ! !

Nathalie.

N°2 | Peindre avec des pastels secs

J’ai découvert il y a plusieurs mois une nouvelle discipline artistique qui comme le verre n’a jamais été un médium connu de mon enfance. Bien que la peinture m’ait toujours attiré, je ne savais pas qu’il était possible de peindre avec des pastels. Aujourd’hui j’ai l’impression de développer une nouvelle passion pour ce medium et je me demande si je réussirai à comprendre cet art comme j’ai réussi à comprendre le verre aujourd’hui 13 ans après avoir débuté. processus artistique soft pastels techniques Il est fascinant de voir comment les choses arrivent à nous à un moment donné de notre vie sans qu’on s’y attende vraiment et pourtant de se sentir happé par ce nouveau centre d’intérêt et c’est aussi à la fois étrange de voir qu’une matière, des couleurs et des possibilités nouvelles puissent nous attirer autant alors que d’autres médiums semblaient nous intéresser d’une façon plus évidente auparavant. Cela me rappelle cette méditation chamanique à laquelle j’ai participé il y a plusieurs années. La séance de soins énergétique se déroulait dans une boutique de cristaux. On n’aurait pas pu choisir un meilleur endroit pour faire cette méditation ! Nous étions un soir d’été, dans une petite partie de la boutique, tous assis sur des canapés ou des chaises avec nos pierres fines entre les mains, pour pouvoir entrer en méditation avec la harpiste prête à jouer les premières notes hypnotiques. Avant de me rendre là-bas, je savais que je devrais choisir une pierre pour cette séance et j’étais convaincue que je prendrais un bloc de quartz rose. Pourtant en cet instant-là, j’ai fait un choix tout autre en prenant une cornaline orange sanguine de 600g. C’est ce dont j’avais besoin à ce moment-là. Et finalement en suivant mon intuition j’ai vécu la plus forte des expériences transcendantales de mon existence, alors peut-être que cela vaut le coup de se laisser porter par ce qui se présente à nous. Bien que la peinture à l’huile m’attire depuis mon enfance ou encore que le travail de la céramique semble m’appeler depuis des années, ce sont donc les pastels tendres qui semblent s’imposer dans mon quotidien depuis plusieurs mois avec cette envie de vouloir comprendre et progresser. etudes de valeurs etude des couleurs croquis peinture pastels secs Bien évidemment, il y a des raison pratiques à cela. Peindre aux pastels demande peu d’investissement pour débuter, c’est une discipline peu salissante, qui demande également peu d’espace pour pratiquer au quotidien. C’est aussi un art fortement imprégné du mouvement des impressionnistes, ce qui par conséquent permet d’obtenir des effets très visuels rapidement. On peut donc pratiquer quelques dizaines de minutes par jours et pourtant créer de belles peintures. Il n’y a pas de temps de séchage, les couleurs se mélangent facilement. J’ai le sentiment pour le moment que c’est aussi une niche artistique. Quand on éprouve un tel besoin de créer chaque jour mais qu’il n’est pas possible d’avoir un atelier permanent chez soi ou un autre espace de création dans son atelier ou que l’on a peu de temps devant soi, peindre aux pastels semble être idéal ! Je pratique donc désormais depuis plusieurs mois, avec un petit trousseau créatif de base, un carnet à croquis spiralé de feuilles aquarelles, une sélection générale de couleurs de  » soft pastels  » de la marque Rembrandt, quelques crayons de charbon, du papier calque pour protéger les croquis et un peu de gesso pour texturer le papier à défaut d’avoir un vrai beau papier à pastels secs. La semaine dernière j’ai eu la sensation de toucher du doigt quelque chose que je recherche avec les pastels, j’ai eu l’impression d’avoir réussi à sortir un peu des règles de bases et de laisser aller ma créativité et de permettre à mon regard artistique de s’exprimer plus librement, là où quelques jours encore auparavant j’avais encore l’impression d’appliquer une méthode, d’avoir l’impression de faire n’importe quoi et au final de trop travailler la matière avec pour résultat d’aplatir totalement la peinture finale. La semaine dernière j’ai eu la sensation de lâcher un peu prise et cela m’a donné l’opportunité de faire une peinture plus abstraite, telle que je les aimes chez les autres. bien évidement c’est encore naissant. Mais cette sensation est délicieuse à ressentir. Nathalie.

N°1 | Mon journal d’artiste

journal de bord journal créatif journal d'artiste mood board créatif

2022 est passée depuis plusieurs mois déjà avec de nombreux projets accomplis, d’autres encore en cours et bientôt certainement de nouveaux viendront s’inscrire sur mes listes d’idées déjà bien fournies.

Une envie immense de me réapproprier cet espace germe depuis des mois dans mon for intérieur mais il semblerait que seul l’énergie du printemps ait sur moi cet effet incroyable de me faire passer à l’action là où je ne voyais pas l’urgence il y a encore quelques semaines. Je le constate chaque année depuis deux ou trois ans.

Il s’est passé tellement de choses depuis la création de mon premier blog, depuis la mise en place de ce site internet ! Et les années passent, si bien qu’écrire ici de nouveau me fait l’effet de plonger dans un grenier à souvenir.

Pourtant ce site est bien actif depuis des années et chaque mois grâce à lui vous êtes nombreux à m’écrire, à me poser des questions ou encore à désirer vous former auprès de moi.

Mais dans le fond, je suis consciente que cela fait plusieurs années que je n’ai pas vraiment retravaillé sa mise en page, son esthétisme ou encore son organisation et finalement son contenu à peu évolué depuis.

En effet, le site internet tel qu’il existe au moment où j’écris est pratiquement tel qu’il était en 2014 lorsque je suis devenue fileuse de perles de verre professionnelle et que j’ai créé mon auto-entreprise.

Il a légèrement évolué au fil du temps pour y accueillir de nouvelles rubriques, de nouvelles images, de nouveaux projets. Mais dans le fond, j’ai été tellement prise par la création de ma marque de bijoux, dont j’ai dû construire la première boutique en ligne, puis quelques années après une deuxième, plus performante et plus en accord avec le projet artistique.

Et puis il y a eu aussi la création du blog Holistic Flameworking que j’ai voulu indépendant visuellement de mon site internet personnel afin de pouvoir parler du verre et de la perle à mes élèves, aux curieux, aux passionnés du verre. Ce fut encore un nouveau site à construire, avec toute la création de contenu qui va avec.

Et puis il y a deux ans, j’ai créé une autre plateforme encore, une autre extension de mon travail, afin d’y accueillir la formation en ligne pour laquelle je me consacre quasiment à temps pleins depuis.

J’ai passé des centaines d’heures à travailler  pour cette plateforme de formation en ligne pour me rendre compte plus tard qu’elle ne convenait vraiment pas. J’ai du tout recommencer sur la plateforme actuelle, ce qui m’a permis au final permis de pouvoir enfin me concentrer sur la création de contenu et me libérer de cette tâche incroyablement chronophage et difficile que celle qui consiste à créer un espace en ligne cohérents et faciles d’utilisation.

Aujourd’hui des solutions toutes faites sont pratiquement clés en mains, mais il y a quelques années, ce n’étais pas le cas. C’était encore franchement compliqué.

Vous l’aurez compris, mon projet est vaste, complexe, pour moi complet.  Il me passionne et je ne pourrai pas me séparer aujourd’hui d’une seule de ces approches car elles me correspondent, répondent à des besoins spécifiques et me permettent de vivre de ma passion. Mais quel travail titanesque cela représente !

Je me rends bien compte que mes rêves, mes idées m’ont emmené loin mais je me rends compte aussi aujourd’hui que toutes ces démarches en cours ou qui ont demandé du temps pour pouvoir devenir réalité ont beaucoup empiété sur mon temps de création personnel, ici, qui représente mon travail artistique et mon approche personnelle.

A vrai dire, je pense que les choses demandent du temps, qu’elles demandent des efforts et des sacrifices aussi parfois, je pense que toutes ces choses sont devenues mon socle, un socle solide et stable sur lequel je peux progressivement me poser et retrouver un équilibre.

Toutes ces années de travail me permettent aujourd’hui de me dire que le moment est venu de me replonger dans mon art, dans ma pratique. Pas parce que j’ai plus temps, j’ai toujours l’impression de ne pas en avoir suffisamment, mais parce que j’ai moins à construire, moins à débroussailler, moins à mettre en place.

Je sens que je retrouve maintenant de l’espace pour revenir à la source de ce qui animait ma passion. Je sais que j’ai encore des projets à finaliser avant de pouvoir me relancer pleinement dans mes séries de perles uniques, dans mes projets artistiques, mais je sais aussi que cela va arriver et cette pensée me réjouit.

J’ai toujours eu le sentiment que les choses prenaient un temps fou pour moi. J’ai besoin de temps pour faire les choses, parce que j’ai besoin qu’elles soient telles que je les aies imaginées voire même mieux encore et surtout parce que j’attends d’avoir la bonne impulsion, la bonne intuition.

Aujourd’hui je sens que je dois l’annoncer. J’ai remanié un peu le menu du site, j’ai actualisé mon CV, il reste encore quelques choses importantes à actualiser ici notamment mes parutions dans des magazines ou des livres mais globalement le site ne va pas beaucoup changer esthétiquement encore cette année car je me consacre tout de même toujours à la formation en ligne et à ma marque de bijoux.

Mais je réanime ce blog.

Ce blog, je veux le tenir de manière intuitive et je veux qu’il soit personnel, je veux y partager mes réflexions personnelles, mes travaux créatifs, mes études, mes recherches et je veux aussi partager ici mon processus créatif, ma démarche artistique, ce qui m’inspire, mes découvertes. C’est pourquoi j’ai intitulé cet espace de blog « Mon Journal ».

Mon journal. Sentez vous libre de venir le consulter quand bon vous semble. Cela me ramène des années en arrière lorsque j’avais créé mon premier blog, j’étais lycéenne à l’époque. Ce que j’y partageais était sans intérêt très franchement. Mais j’ai toujours aimé partager, j’ai toujours aimé laisser une trace de mes obsessions du moment, de mes phases créatives. Il est dommage que tous cela est disparu finalement. Car je fais partie de ces gens qui replongent souvent dans les souvenirs, dans le passé pour y trouver des racines, des vérités, des réponses pour pouvoir mieux avancer vers l’avenir et créer de nouvelles choses. Quand je retombe sur un vieux blog, que je lisais jusqu’à pas d’heure, je suis tellement sous le charme des articles écris rapidement, pas tellement travaillé, spontanés quoi ! Ce sont des pépites. J’aimerais retrouver cet esprit ici. Ici, vous y trouverez peut-être de l’inspiration, du réconfort, une bulle intemporelle qui fait du bien, calme et silencieuse. Ici sera désormais mon journal créatif, mon carnet de bord, mon recueil d’inspiration, l’endroit pour mon petit artiste intérieur qui veut partager. Amicalement, Nathalie.

Collaboration avec Guillaume Thoraval : Pique à Chignon.

 

Pique à Chignon (2015) Guillaume Thoraval & Nathalie crottaz.

Inclusion, soudure verre métal, borosilicate, sodocalique.

En rencontrant Guillaume, toute une nouvelle dimension est apparu devant moi. Je ne connaissais pas la verrerie scientifique au chalumeau, je ne connaissais pas le monde de la bille de collection et lui ne connaissait pas si bien que cela le monde la perle, mais il était intéressé par le sujet et déjà impressionné par le travail de certaines collègues. J’étais curieuse de découvrir son univers et d’en savoir plus. Lorsque nous nous sommes rencontrés nous avions nourri dès le départ l’envie de créer ensemble. Bien que cette pièce ne soit pas liée au travail scientifique à proprement parlé, pas de volume creux, pas d’appareils complexes, les travaux et les réflexions personnelles de Guillaume en tant que verrier scientifique l’ont amené à réaliser des inclusions et à développer des couleurs de verre avec des matériaux composites. Ce que nous avons utilisé dans cette collaboration.

L’idée de cette pièce, vient de Guillaume qui souhaitait travailler sur le thème du pique à chignon. J’ai trouvé l’idée séduisante, car dans l’univers de la perle de verre, c’est un accessoire souvent utilisé et moi même j’attache souvent mes cheveux avec ce type d’épingles. C’est aussi un accessoire que je trouve élégant, à la fois féminin et masculin.  Au Japon, les Geishas utilisent des Kanzashi pour décorer leurs coiffures mais qui peuvent aussi bien faire office d’arme de défense et pendant la periode Jomon, ces accessoires étaient supposés posséder des pouvoirs mystiques et ils étaient utilisés pour éloigner de leur porteur, les esprits maléfiques.

Cette dernières anecdote historique, rejoint l’esprit de notre collaboration. Ce pique à chignon, surmonté d’une inclusion de quartzite dans du verre borosilicate et aussi constitué d’une perle ronde plate, parsemée de points, reprenant la symbolique du mandala, se termine par une longue tige de verre. Cette pièce pourrait parfaitement faire office de sceptre ou de talisman, au vue de sa taille et de sa conception. Le pique a chignon mesure près de 30 cm de long. Et plutôt qu’une arme d’autodéfense, il pourrait être utilisé comme les baguettes de guérison. C’est un peu un artefact, avec une dimensions ésotérique.

La perle est enfilé sur une tige tungsten et le tout n’est pas collé, ni visé, mais littéralement soudé. Ce qui a été la phase la plus difficile pour Guillaume, qui s’est chargé de l’assemblage. Du fait que la perle soit en verre sodocalcique et le reste en borosilicate, il n’a pas été évident de préserver la perle des chocs thermiques éventuels pendant les phases de soudures. Mais ce travail technique fait partie intégrante de la beauté de cet objet et par extrapolation, on pourrait dire que de la conception à la perception de l’objet, le côté masculin protège le côté féminin qui renforce le tout. C’est un symbole très fort pour moi.  A mes yeux, l’harmonie et l’équilibre entre l’homme et la femme est primordial sur Terre. L’un et l’autre devant jouer de ses atouts pour veiller sur l’autre. Savoir former un cercle, une communauté de façon vertueuse. Et c’est en cela que le mandala prend tout son sens, par la forme de la perle et par sa décoration, j’ai eu envie de traduire l’esprit du yin et yang dans une autre langue.

Cette pièce est donc pour moi, un symbole d’union, entre la science et l’art, entre l’homme et la femme, entre les énergies positives et négatives. C’est une pièce qui cherche l’équilibre et l’harmonie, qui met en avant divers techniques pour protéger un savoir faire d’une part, la perle, mais aussi cette pièce symbolise certainement pour Guillaume, une avancée technologique, le fait que l’impossible devienne possible. Au delà de cela, je suis heureuse d’avoir pu mettre en valeur le travail de Guillaume sur les propriété profondes du verre, comme il a su mettre le mien en valeur dans cette collaboration. Nous avons crée cette pièce en 2015 et aujourd’hui nous souhaitons continuer de travailler sur ce thème. Il était temps pour nous que nous en parlions.

Merci pour votre lecture, je vous invite à continuer la conversation dans les commentaires, n’hésitez pas a partager les images avec respects et amour. A me rejoindre sur ma page facebook consacré à mes pièces uniques et mon travail d’enseignante ou encore à découvrir le travail de Guillaume sur sa page Facebook. Nous sommes ouverts à rejoindre toutes propositions artistique avec cette collaboration, pour une plus grande collaboration.


 

 

Projet | Coup de fil au destin


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  Vous vous souvenez du Bilboquet, qui évoque pour moi la répétition du geste, essentiel à tout apprentissage, un geste à la fois amusant et agaçant en cas d’échec, mais qui attise quelque chose en nous, une envie d’y arriver et une envie de se mettre soi même au défi, comme c’est le cas avec la confection de perles de verre. C’est un objet lié à l’enfance et les perles le sont aussi pour la plupart des gens. Grâce à elles, nous faisons l’apprentissage de la patience et nous développons notre motricité fine.

Cette fois, j’ai choisi de travailler avec un téléphone, car ce model est aussi un objet de mon enfance. Dans mon présent les perles représentes mon défi le plus grand . Mais si les perles ont jouées un rôle dans mon enfance et qu’elles jouent un rôle dans mon présent, je m’interroge par moment sur ce que sera leur rôle dans mon avenir.

L’idée de passer un coup de fil au destin me plait. On pense trop souvent que l’avenir nous dira tout en sous entendant qu’on ne le saura qu’une fois qu’on y sera. Je pense que c’est à nous de dire à l’avenir ce que l’on veut, pourquoi et comment. L’avenir est à notre service et il conspire à notre réussite, mais c’est à nous de lui confier nos plans. Il est tout de même plaisant de considérer que l’on peut lui parler.

.Nathalie.

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Téléphone de perles #1 Détournement 2017