La peur de la perle blanche : Dépasser ses blocages

L’angoisse de la page blanche transposée au filage de perle au chalumeau. Parfois il ne s’agit pas vraiment d’un trou noir au creux de la cervelle, mais au contraire d’une profusion d’idées et d’envies, d’ un trop pleins d’images organisées en un désordre sans nom qui paralyse.

L’un comme l’autre, le vide et le trop nous empêchent de créer et l’angoisse de la perle blanche nous envahit. Dans ces moments là, faut-il abandonner ou s’acharner pour obtenir un résultat ?

Selon moi, il vaut mieux couper le chalumeau ce jour là si cela fait plusieurs perles que vous plongez dans l’eau d’énervement. L’énergie n’est pas bonne, mettez vous au repos.

Mais le lendemain il faudra se remettre au travail.

Il serait dommage de laisser ces séances catastrophiques prendre le dessus sur votre savoir-faire et votre créativité.

Aujourd’hui, en me basant sur ma propre experience, je pense pouvoir proposer quelques idées afin de vous aider,si vous aussi vous avez l’impression de vous retrouver dans ce type de situation.

A mon avis il est parfaitement normal de vivre des périodes de doutes, des périodes de grande productivité et des périodes de vide, car réussir à exprimer sa créativité est une aptitude liée aux émotions qui nous traversent, au style de vie que l’on pratique et à la vision que l’on a de ses objectifs.

Mais sur le moment, le vivre et l’accepter n’est pas si évident, car les séances frustrantes s’accumulent et cela amplifie les doutes et le stress.

{Comment dépasser ce stade, comment surmonter cette période creuse ?}

Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’avoir dépassé ce stade et j’ai beaucoup travaillé sur moi pour améliorer cela.

La première étape consiste à intégrer l’idée que l’on est capable de résoudre cette situation soi même, il faut simplement se poser cette question : Que puis-je faire pour améliorer ma situation ?

 Une solution a bien fonctionné avec moi et elle consiste à créer une liste de premier secours. Cette liste est constituée de plusieurs petits plaisirs à cumuler avant de se mettre au chalumeau.  Et de s’en servir autant de fois qu’il sera nécessaire.

Se créer un rituel spécial, pour pouvoir redémarrer, permet de se mettre dans un état d’esprit ouvert et paisible et aura pour conséquence d’augmenter la concentration.

{Ma liste de premiers secours à l’atelier pour retrouver la paix}

– Allumer une bougie

– Brumiser des huiles essentielles (une synergie de préférence)

– Se servir une boisson chaude et apaisante ou rafraîchissante et revigorante

– Ecouter une musique inspirante

– Ranger, trier, organiser

– 5 minutes de méditation

Une fois cette première étape accomplie, généralement on se sent déjà plus détendu, les choses sont plus claires, les tensions sont parties.

Nous pouvons passer à l’étape 2, en fonction de son problème de base, le trop pleins ou le trop vide.

{Face au vide}

Vous êtes devant le chalumeau mais rien ne vient, pourtant vous avez ce bouquin avec toutes ces perles superbes devant vous, vous vous sentez perdu et rien ne vous semble intéressant dans les perles que vous commencez à réaliser.

Je vous l’affirme, vous n’êtes pas vide, vous avez des quantités de sources d’inspiration qui ont influencées votre vie, de votre enfance à maintenant. La musique et ses rythmes, la peinture et ses couleurs, la danse et le mouvement ou encore le sport et son énergie, la magie et son mystère etc …

Cela évoque t-il déjà quelques pistes en vous ?

Si ce n’est pas le cas, voici une liste de secours face au grand vide :  

– Choisissez deux couleurs et du transparent.

– Choisissez une forme : ronde, plate, tube …

– Choisissez un style en particulier : En interne ou en surface … ?

– Choisissez une technique en particulier  : Points ou fils … ?

– Choisissez une finition : Mat ou brillant … ?

Grâce à ces décisions, vous pourrez dresser la carte de votre projet sur un papier, disposez sur votre établis uniquement ce dont vous avez besoin et rien d’autre puis réalisez une perle, voir une série de perles.

{Face au trop pleins}

Vous êtes tellement passionné(e) que vous passez de nombreuses heures à admirer le travail des autres, c’est génial cela vous inspire, cela met en lumière tellement de techniques possibles, que les possibilités deviennent illimitées ! Votre carnet se remplit de croquis et d’idées, votre pinterest aussi, sur instagram vous découvrez tous les jours des dizaines de nouveaux artistes ! Oui mais vous, vous ne savez plus quoi faire de votre verre et votre concentration est quasi nulle. En effet vous passer d’une idée à l’autre car votre feu créatif est bouillonnant d’idées très variées, vous ne savez plus ce que vous aimez, qui vous êtes.

Liste de secours face au pleins :

– Choisissez deux couleurs et du transparent.

– Choisissez une forme : ronde, plate, tube …

– Choisissez un style en particulier : En interne ou en surface ?

– Choisissez une technique en particulier  : Points ou fils ?

– Choisissez une finition : Mat ou brillant ?

Et oui, qu’il soit question d’un vide ou d’un pleins, le mieux à faire selon moi est de se limiter volontairement dans le champs des possibles, dans les prises de décisions, d’épurer son esprit et son établis, afin de favoriser une concentration optimale, afin de s’ancrer réellement dans le moment présent et d’atteindre un petit objectif, celui de réussir à réaliser quelques perles pour cette séance.

Des perles plaisir, des perles faciles, des perles de réconciliation avec soi même.

Accepter les défauts, enfournez votre perle et reprenez un mandrin.

A la fin de la cuisson, observez vos perles de la première à la dernière.

Regardez : Même avec une seule couleur, les possibilités sont nombreuses !

Amusez vous ou profitez de cette experience de reconquête de votre énergie créative pour vous entraîner  à poser des points, des lignes, à maîtriser la chauffe et à jouer avec les reliefs…  

Faites honneur aux perlières qui ont déjà explorées certains motifs, choisissez en un qui vous plait et entraînez vous à prendre du plaisir, comme avec les fleurs en relief par exemple. Ce ne sera pas une création, mais c’est la première étape pour reprendre confiance au chalumeau.

Une autre façon de reconquérir votre créativité est de s’accorder des moments d’exploration en dehors du chalumeau. Le dessin, la peinture, la couture, ce qu’il vous plaira, moi j’aime beaucoup la photographie.

Chaque fois que je prend les perles de verre en photos, je commence quelque part et au fil des photos j’explore de nouvelles propositions…

Et la direction finale, n’est pas toujours celle du départ. Il suffit de savoir observer les zones d’ombre pour comprendre parfois que la solution n’est pas si loin.

Finalement, c’est un processus qui se retrouve dans la pratique du verre filé et de tout autre forme d’art, on commence toujours quelque part et à force d’explorer, de se perfectionner, d’approfondir, des années plus tard on arrive à tout autre chose.


J’espère que mon experience et mes conseils vous aideront dans votre parcours pour vous trouver, vous retrouver, vous épanouir car si vous êtes derrière le chalumeau, c’est que vous souhaitez utiliser votre pouvoir créatif !

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Merci et bonne flamme !

.Nathalie.

Collaboration avec Guillaume Thoraval : Pique à Chignon.

 

Pique à Chignon (2015) Guillaume Thoraval & Nathalie crottaz.

Inclusion, soudure verre métal, borosilicate, sodocalique.

En rencontrant Guillaume, toute une nouvelle dimension est apparu devant moi. Je ne connaissais pas la verrerie scientifique au chalumeau, je ne connaissais pas le monde de la bille de collection et lui ne connaissait pas si bien que cela le monde la perle, mais il était intéressé par le sujet et déjà impressionné par le travail de certaines collègues. J’étais curieuse de découvrir son univers et d’en savoir plus. Lorsque nous nous sommes rencontrés nous avions nourri dès le départ l’envie de créer ensemble. Bien que cette pièce ne soit pas liée au travail scientifique à proprement parlé, pas de volume creux, pas d’appareils complexes, les travaux et les réflexions personnelles de Guillaume en tant que verrier scientifique l’ont amené à réaliser des inclusions et à développer des couleurs de verre avec des matériaux composites. Ce que nous avons utilisé dans cette collaboration.

L’idée de cette pièce, vient de Guillaume qui souhaitait travailler sur le thème du pique à chignon. J’ai trouvé l’idée séduisante, car dans l’univers de la perle de verre, c’est un accessoire souvent utilisé et moi même j’attache souvent mes cheveux avec ce type d’épingles. C’est aussi un accessoire que je trouve élégant, à la fois féminin et masculin.  Au Japon, les Geishas utilisent des Kanzashi pour décorer leurs coiffures mais qui peuvent aussi bien faire office d’arme de défense et pendant la periode Jomon, ces accessoires étaient supposés posséder des pouvoirs mystiques et ils étaient utilisés pour éloigner de leur porteur, les esprits maléfiques.

Cette dernières anecdote historique, rejoint l’esprit de notre collaboration. Ce pique à chignon, surmonté d’une inclusion de quartzite dans du verre borosilicate et aussi constitué d’une perle ronde plate, parsemée de points, reprenant la symbolique du mandala, se termine par une longue tige de verre. Cette pièce pourrait parfaitement faire office de sceptre ou de talisman, au vue de sa taille et de sa conception. Le pique a chignon mesure près de 30 cm de long. Et plutôt qu’une arme d’autodéfense, il pourrait être utilisé comme les baguettes de guérison. C’est un peu un artefact, avec une dimensions ésotérique.

La perle est enfilé sur une tige tungsten et le tout n’est pas collé, ni visé, mais littéralement soudé. Ce qui a été la phase la plus difficile pour Guillaume, qui s’est chargé de l’assemblage. Du fait que la perle soit en verre sodocalcique et le reste en borosilicate, il n’a pas été évident de préserver la perle des chocs thermiques éventuels pendant les phases de soudures. Mais ce travail technique fait partie intégrante de la beauté de cet objet et par extrapolation, on pourrait dire que de la conception à la perception de l’objet, le côté masculin protège le côté féminin qui renforce le tout. C’est un symbole très fort pour moi.  A mes yeux, l’harmonie et l’équilibre entre l’homme et la femme est primordial sur Terre. L’un et l’autre devant jouer de ses atouts pour veiller sur l’autre. Savoir former un cercle, une communauté de façon vertueuse. Et c’est en cela que le mandala prend tout son sens, par la forme de la perle et par sa décoration, j’ai eu envie de traduire l’esprit du yin et yang dans une autre langue.

Cette pièce est donc pour moi, un symbole d’union, entre la science et l’art, entre l’homme et la femme, entre les énergies positives et négatives. C’est une pièce qui cherche l’équilibre et l’harmonie, qui met en avant divers techniques pour protéger un savoir faire d’une part, la perle, mais aussi cette pièce symbolise certainement pour Guillaume, une avancée technologique, le fait que l’impossible devienne possible. Au delà de cela, je suis heureuse d’avoir pu mettre en valeur le travail de Guillaume sur les propriété profondes du verre, comme il a su mettre le mien en valeur dans cette collaboration. Nous avons crée cette pièce en 2015 et aujourd’hui nous souhaitons continuer de travailler sur ce thème. Il était temps pour nous que nous en parlions.

Merci pour votre lecture, je vous invite à continuer la conversation dans les commentaires, n’hésitez pas a partager les images avec respects et amour. A me rejoindre sur ma page facebook consacré à mes pièces uniques et mon travail d’enseignante ou encore à découvrir le travail de Guillaume sur sa page Facebook. Nous sommes ouverts à rejoindre toutes propositions artistique avec cette collaboration, pour une plus grande collaboration.


 

 

Projet | Coup de fil au destin


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  Vous vous souvenez du Bilboquet, qui évoque pour moi la répétition du geste, essentiel à tout apprentissage, un geste à la fois amusant et agaçant en cas d’échec, mais qui attise quelque chose en nous, une envie d’y arriver et une envie de se mettre soi même au défi, comme c’est le cas avec la confection de perles de verre. C’est un objet lié à l’enfance et les perles le sont aussi pour la plupart des gens. Grâce à elles, nous faisons l’apprentissage de la patience et nous développons notre motricité fine.

Cette fois, j’ai choisi de travailler avec un téléphone, car ce model est aussi un objet de mon enfance. Dans mon présent les perles représentes mon défi le plus grand . Mais si les perles ont jouées un rôle dans mon enfance et qu’elles jouent un rôle dans mon présent, je m’interroge par moment sur ce que sera leur rôle dans mon avenir.

L’idée de passer un coup de fil au destin me plait. On pense trop souvent que l’avenir nous dira tout en sous entendant qu’on ne le saura qu’une fois qu’on y sera. Je pense que c’est à nous de dire à l’avenir ce que l’on veut, pourquoi et comment. L’avenir est à notre service et il conspire à notre réussite, mais c’est à nous de lui confier nos plans. Il est tout de même plaisant de considérer que l’on peut lui parler.

.Nathalie.

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Téléphone de perles #1 Détournement 2017