Glass Trip | Le Borofest Glass Love event UK 2017

Un jour j’ai eu la chance d’être invité à participer au Borofest en Angleterre dans la ville de Northampton, à moins d’une heure de Londres  en 2017.

Qui dit Borofest (Festival du verre borosilicate) ne dit pas Sodofest ( Festival du verre sodocalcique) je me sentais un peu intimidé à l’idée d’aller travailler du boro là-bas alors que je ne le manipule que si peu ! J’utilise le borosilicate pour réaliser mes implosions ou certains pendentifs mais le plus gros de mon travail est focalisé sur le verre sodocalcique, donc les repères ne sont plus les mêmes et les sensations non plus !

Nous avons fait le voyage avec un sac à dos et une grosse valise de Viry-Châtillon à Northampton, qui comprend un départ à 5h50 de la gare de Savigny sur Orge jusqu’à la station St Michel à Paris, puis un autre métro vers Gare du nord et enfin un siège dans l’Eurostar à destination de London St Pancras.

Nous nous sommes un peu perdus dans le métro londonien, en quête de notre correspondance pour Northampton mais finalement nous sommes arrivés à destination et à l’heure.

Kieran qui organisait l’événement en grande partie et sa compagne Eve, nous ont accueilli à la gare et n’avions plus qu’à suivre le courant.

Nous sommes arrivés sur place la veille de l’événement et nous avons pu découvrir l’emplacement, l’organisation et le staff !

Petit coin de campagne, avec petit étang et gros poissons, canards et soleil.

Un espace camping, un espace concert sous chapiteau, un espace chalumeau avec un petit coin expo/vente collectif gérer par deux personnes, un espace pour le Cannabis Crew (le cannabis est toléré là-bas), la restauration, les toilettes et tout ça en pleine nature.

J’aurai du mal à dire qui j’ai rencontré et quand, mais c’était super de faire la rencontre de kieran Rowan connu pour ses fameux masques Anonymous et de voir l’atelier qu’il a monté dans le salon de sa maison. En fait c’était super de faire la rencontre des amis de Guillaume dont il me parle souvent comme Mark Horner, reconnu pour ses fumage à l’or et à l’argent et sa compagne Tracey ou encore Joe Samuelson et son talent pour associer les couleurs et le façonnage de pipes en verre.

Mais sincèrement il y aurait beaucoup d’autres personnes à citer car j’ai découvert beaucoup de pipemakers* là-bas, doués et très amicaux.

Nous avons passé la première nuit à l’hôtel Sedgebrook et c’était appréciable après ce voyage, mais ensuite nous avons campé sur place, afin de limité les frais et les allées retour pour Eve qui était officiellement la conductrice des invités, mais aussi pour profiter au maximum.

Durant l’événement, il n’y avait pas forcément d’accès aux chalumeaux avec lesquels j’ai l’habitude de travailler car ils étaient réservés pour les initiations que donnaient Kieran. Soit dit en passant, sacrée mission que Kieran a dû gérer, entre l’organisation et la gestion de l’événement et la transmission de son savoir !

Guillaume et moi sommes bien placés pour comprendre le stress, le plaisir, la fatigue physique et mental que cela implique, puisque nous avons créé 3 Symposiums en 4 ans. Compte tenu des sollicitations nombreuses tout au long de ces journées, la quantité d’informations à recevoir et à donner en permanence est énorme alors transmettre son savoir-faire en plus … WOW. Respect.

Du coup, j’ai tenté de réaliser des perles en boro avec un chalumeau Arnold, heureusement que certains était là pour guider mes pas, car ce chalumeau est semble t-il très efficace, avec différents types de flammes, mais quand même un peu difficile à maîtriser et à comprendre au départ !

Je ne dirais pas que la perle fut une réussite , malgré sa simplicité, c’était vraiment peu agréable de filer une perle en boro et stressant de travailler sur ce monstre de chalumeau, bien que maintenant je suis contente de l’avoir tester, je regrette souvent que sur mon Nortel midrange qu’il n’y ai pas de très petit flamme, fine et directe.

Petite difficulté supplémentaire, là-bas ils travaillent tous debout, ce qui se révèle être un atout dans certaines techniques, mais pour ce qui est de la décoration de surface ou les finitions, c’est un vrai inconvénient, car il manque une certaine stabilité au niveau des avant-bras.

J’ai consacré le reste de ma journée après cela à filmer et à regarder les démonstrations, à faire de nouvelles rencontres…

Mark m’a montré et expliquer comment il réalisait ses implosions à multiples vaporisations d’oxydes métalliques, c’était super et je me suis régalée à découvrir le façonnage et le soufflage des pipes à eau ou encore les multiples techniques décoratives que l’on retrouve souvent dans cette communauté, le wig wag par exemple.

Il y a eu plusieurs animations, des jongleuses et danseuses de feu, un fauconnier, des petits concerts, du thaï chi, une restauration vegan avec des HempBurgers*, j’ai beaucoup apprécié cette option, nous avions proposé une option végétarienne lors du symposium également. C’est une chose que j’apprécie beaucoup en Angleterre, il y a de nombreuses de solutions végé pour se restaurer et même dans les sandwichs.

Le lendemain, j’ai eu accès au Nortel Redmax, je me suis amusée à faire une spirale hypnotique et un vortex, deux techniques que Guillaume m’avait enseignées il y a 3 ans et ensuite j’ai façonné trois petites perles car un de mes rêves en boro est d’inclure une perle dans un marble, car c’est de la que je viens.

Un premier test chez moi avait échoué, je n’ai pas assez de puissance, c’est long et fastidieux, mais ici j’ai un nouvel essai qui a bien tenu, mais il reste encore plusieurs points à peaufiner.

Mon prochain but dans ce type d’événement, sera d’être capable de réaliser ce projet impeccablement et de faire des collaborations en fixant un marble ou un cabochon sur la pièce d’un verrier intéressé par mon travail.

Le week-end s’est terminé paisiblement, nous avons passé beaucoup de temps avec Lee et Shamack, nos invités du premier et du deuxième symposium, c’est très agréable de garder le contact et encore plus d’approfondir nos liens en partageant des moments comme celui-ci.

Grâce à eux, on a découvert ce qu’était le traditionnel petit déjeuner britannique dans un « diner », j’ai beaucoup apprécié les haricots blancs et les champignons sur les toasts !

Je vous laisse découvrir la vidéo et si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser en commentaires afin de permettre à chacun d’en profiter !

A vos chalumeaux les verriers, bonne flamme !

Nathalie.

*Pipemakers : Les verriers qui fabriquent des pipes en verre simples ou complexes.

*HempBurgers : Burgers avec un steak végétal à base de graines de chanvre.

*Cannabis Crew : Certains passionnés d’horticulture et d’autres revendeurs de verrerie utilitaires (functional glass art) spécialisés dans ce domaine sont venus soutenir l’événement.

Expérimentation| La pierre mysterieuse

Le jardin de mes grands parents était toujours élégamment fleuri dans mes souvenirs d’enfance, avec toutes sortes de Dahlias, de Roses, de fougères et de plantes médicinales… J’y ai dégusté mes premières capucines, au gout de moutarde et soigné mes premières piqûres de moustiques avec les feuilles de plantain sauvages… Nous allions chercher de l’eau au puit pour arroser le potager et nous y récoltions les légumes  pour agrémenter nos repas. Ma grand mère à toujours été une amoureuse de la nature et de la beauté originelle des choses, du bois, des plantes, avec un gout prononcé pour la décoration d’intérieur naturelle, sobre et le dont de créer une atmosphère chaleureuse et conviviale au fil des saisons. Le matin après la rosée, elle me faisait ramasser les pétales de fleurs tombés au sol, je les récoltais dans une petite panière basse en osier et nous les mettions ensuite à sécher dans la chaufferie. C’est un de mes plus agréable souvenirs là bas, à la campagne. Dans son jardin, joliment décoré elle disséminait un peu partout, toutes sortes de pierres et de minéraux, certainement pour leurs propriétés énergétiques, mais je n’en n’avais pas conscience à ce moment là. Parmi ces pierres, dans un petit coin entre le puit et l’étendoir à linge, il y avait une pierre brillante, d’un jaune vraiment très singulier, que je n’avais jamais vue ailleurs dans la nature.

Les années sont passées et ce souvenir s’est perdu dans ma mémoire, jusqu’à récemment, en me promenant à nouveau avec Guillaume dans le jardin. En arrivant devant le parterre de fleurs, je me suis souvenu de cette pierre, qui n’était plus là. J’ai interrogé ma grand mère, qui en fait l’avait changé de place. Le mouvement crée l’énergie. J’étais impatiente de la revoir. Je voulais à tout prix pouvoir l’identifier et raviver le souvenir de cette couleur dans ma mémoire. Une fois la pierre entre les mains, nous avons réalisé avec Guillaume que ce n’était pas une pierre comme les autres, après quelques recherches je peux dire qu’elle avait une couleur et une texture très proche de la Dewindtite ou de la Vanuralite  mais elle était composée de strates transparentes et verdâtre. Mais, c’était du verre ! Nous en étions certains.

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Depuis que je travaille le verre, j’éprouve une réelle envie de comprendre son histoire en France, son évolution et sa disparition. Car nos usines de fabrication de verre sont fermées depuis de nombreuses années. Ce bloc de verre brut, représente tout cela. Ma grand mère à ramasser ce fond de creuset dans le jardin d’un membre de sa famille en région parisienne, cette personne l’avait lui même trouvé enfouis dans la terre de son terrain à proximité d’une ancienne usine … Ces détails sont encore un peu flous à vrai dire.

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Je l’ai ensuite montré à différentes personnes, Pascal Guegan, archéologue de formation, spécialisé dans la perle de verre et Paul Trautman,  fabricant de baguette de verre aux Etats-unis. Tout deux ont été d’accord pour affirmer que c’était un fond de creuset. Ce qui confirmait notre analyse. Après notre discussion autour de ce bloc de verre, j’ai expliqué que j’aimerais bien en prendre une partie pour faire quelques tests, Pascal m’a suggéré que ce serait une bonne idée d’en faire des perles et d’en offrir une à ma grand mère car j’étais malgré tout partagé entre l’idée de casser littéralement ce souvenir d’enfance et la curiosité de voir le résultat d’une transformation à chaud. Son idée m’a séduite. J’ai offert la plus jolie perle à ma grand mère, qu’elle a exposé sur le devant d’une petite fenêtre du salon, qui donne sur le jardin. Avec les autre perles, j’ai réalisé un marque page composé de 7 perles. La dernière est un peu particulière, car j’ai souhaité conserver au maximum les couches de verre sur la perle.  Un filage classique aurait mélangé toutes les couches, j’ai donc opté pour une superposition brut de deux morceaux du bloc jaune, puis j’ai ensuite façonné la perle de manière à ce qu’elle représente un minéral en pointe avec une base irrégulière comme on en voit souvent. Ces minéraux sont utilisés pour la guérison la majorité du temps, la pointe permet soit d’adsorber les énergies pour les extraire soit de les charger pour les retransmettre. Je trouvais que c’était une symbolique intéressante pour finaliser ce projet et de faire le lien entre les livres et les minéraux, comme la sagesse des anciens et le souvenir de mon enfance.

 

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Pour clore cette expérience, je vous propose de regarder une courte vidéo que j’ai réalisé avec le processus de destruction et de renaissance du verre. Pour moi ça a été vraiment exceptionnel de réaliser ces quelques perles avec ce verre , j’ai eu beaucoup de plaisir a travailler sur ce petit projet, avec la nostalgie de mon enfance comme point de départ et avec le projet final comme source d’énergie. Comme quoi les petits projets ont un gros pouvoirs sur notre être. Et puis, je vous invite à me retrouver sur instagram au travers de Neha Crea, là bas j’ai dernièrement posté la signification et le symbolisme de la couleur jaune, ce qui complétera cet article.


.A bientôt.