Objets Insolites en Verre au Port Musée de Douarnenez en Bretagne

Cet été j’ai eu le plaisir de me rendre dans la ville de Douarnenez en Bretagne, plus exactement en Finistère, afin de découvrir le Port Musée et d’y passer un bon moment en famille. Je ne m’attendais absolument pas à découvrir au passage quelques verreries que ce soit, mais ma surprise fut grande lorsque je suis tombée sur ces objets insolites et si bien fait.

Impossible pour moi de ne pas prendre quelques photos ! C’est donc avec plaisir que je vous partage ces quelques images des œuvres que j’ai découvert au fil de l’exposition, qui nourriront sans doute votre imagination et stimuleront à coup sûr votre créativité.

N°1: Les Bijoux de Mauricette Cornand et sa série de flotteurs en verre

J’ai beaucoup aimé découvrir cette série et notamment ces deux parures de l’artiste Mauricette Cornand. Ces bijoux sont composés de gaze, d’acrylique, de perle de verre, de fil de cuivre émaillé, de fil de fer patiné et de fil inox, de gaine de filet d’emballage et de ressorts dorés.

Filet bleu et Flotteurs 2020 – Mauricette Cornand
Filet bleu et flotteurs 2020 – Mauricette Cornand
Filet rouge et flotteurs 2020 – Mauricette Cornand
Filet rouge et flotteurs 2020 – Mauricette Cornand

Ce sont bien évidemment les petites perles de verre soufflées et la bulle de verre en demi sphère qui ont capté mon regard parmi toutes les autres créations de l’exposition et ce sont des pièces qui ont laissé en suspens quelques interrogations dans mon esprit curieux de fileuse de perles de verre. Les perles sont-elles soufflées par l’artiste elle-même ou s’agit-il d’une collaboration ?

Néanmoins, l’utilisation du textile, de la couleur et des différents matériaux en font une composition particulièrement captivante et visuellement très attirante. J’ai été ravie de découvrir ces pièces. J’aime particulièrement l’utilisation des perles, la façon dont elles s’intègrent dans les structures, comment elles sont maintenues et le fait que l’aspect très aériens des perles soufflées soit conservé par le montage de la parure rouge. C’est très inspirant.

Sont-elles des pièces prêtes à être porter ou pure œuvre d’art ? Quoi qu’il en soit, j’aime cette exploration.

N°2 : Les pièces de verrerie scientifique de Camille Royer et de Marie Guerrier

Les passionnés de verrerie scientifique ou de verrerie utilitaire seront sans doute happés par ces œuvres en verre borosilicate et laiton réalisées par Camille Royer et Marie Guerrier pour Mâ Nouvelle Orfèvrerie. Ces objets dignes d’un véritable cabinet de curiosité m’ont beaucoup intéressé.

Les structures en laitons qui soutiennent les flacons mettent parfaitement en valeur les pièces de verre creux pour les ériger au rang de graal, vous ne trouvez pas ? Une très belle façon de mettre en valeur le savoir-faire des verriers scientifiques si méconnu. On y voit ici des réductions, des soudures, des ballons dans des tubes … Je ne connais pas tout le vocabulaire du métier, mais je sais que ce sont des pièces qui doivent être aussi passionnantes à réaliser que challengeantes !

Bouée de laboratoire 2021 Camille Royer, Marie Guerrier
Bouée de laboratoire 2021, Camille Royer, Marie Guerrier
Bouée de laboratoire II 2022, Camille Royer, Marie Guerrier
Bouée de laboratoire II 2022 – Camille Royer, Marie Guerrier

Bouée de laboratoire III – Camille Royer, Marie Guerrier

N°3 Oeil de verre !

J’ai gardé le plus insolite pour la fin, les yeux de verre de l’artiste Fred
Barnley. Sur cette étrange sculpture d’une hauteur de 30 cm réalisée en 2013,
l’artiste mêle une monture articulée en laiton, du cuivre et des prothèses
d’yeux pour crée cette œuvre  » Troisième Œil ».

La fabrication des yeux en verre est absolument passionnante et rare sont les
occasions d’en voir de si prêt. Je ne sais pas de quand date ces yeux, ils sont
probablement de notre époque. Mais autrefois Paris détenait le monopole de la
fabrication des yeux artificiel au XIX siècle jusqu’à ce que l’Allemagne
développe un type de verre plus adapté.

Pour fabriquer les yeux en verre on souffle d’abord une sphère blanche sur
laquelle on dépose ensuite l’iris à l’aide de verres colorés. Réussir à
reproduire l’iris d’une personne n’est pas chose facile, c’est un motif
complexe et subtil de couleurs, de rythme et de liens entremêlés. C’est
vraiment un savoir-faire rarissime !

Cette œuvre n’avait pas d’explication, à nous de mettre des mots dessus …

Troisième Oeil 2013 – Fred Barnley

 

Troisième Oeil 2013 – Fred Barnley

 

Troisième oeil 2013 – Fred Barnley

Si vous aimez découvrir ce genre d’objet insolite, vous pouvez également lire ou relire mon article à propos du thermomètre de Galilée !

Nathalie.

Le musée National de la Renaissance et sa très belle collection de verre soufflé et filé

C’est avec un peu de retard que je vous livre cet article puisque c’est en 2020 que je me suis rendu pour la première fois et en très bonne compagnie au Musée National de la Renaissance de la ville d’Ecouen, sans savoir vraiment ce que j’allais y découvrir à part un très beau château, des armures et la célèbre statuette de « Daphné » de Wenzel Jamnitzer.

Très curieuse de venir visiter ce lieu et son parc, j’ai pu découvrir avec surprise un très beau décor et de nombreuses merveilles, mais surtout une magnifique collection d’objets en verre aussi bien soufflés que filés.

J’ai donc naturellement eu envie de partager avec vous quelques images de cette collection car il me semble que certaines œuvres seront de véritables découvertes pour beaucoup, comme la merveilleuse scène miniature en verre filé de la commedia dell arte ou encore de très beaux ensembles d’objets soufflées selon la technique favorite de bien des verriers, le reticello.

La verrerie de la renaissance et le vocabulaire associé

Voici quelques objets qui ont particulièrement attiré mon attention et j’ai pensé qu’il serait intéressant que nous en profitions pour apprendre le vocabulaire utilisé pour décrire cette verrerie du XVI et du XVII siècle.

Pour commencer vous pourrez découvrir un ensemble de Verre et de Gobelet à jambes. Le verre est plus délicat que le gobelet qui est beaucoup plus massif. La jambe est ce que nous appelons plus communément aujourd’hui le pied.

Verre à jambes mufles de lion

Verrerie des Pays Bas – Verre à jambes – Verre à jambes mufles de lion – Gobelet sur jambes à mufles de lion – Gobelet à mascarons- XVI siècle
Verrerie des Pays Bas – Musée National de la Renaissance – Gobelet à mufles de lion – Verre craquelé et doré- XVI siècle

Vous aurez certainement remarqué ce médaillon doré sur le gobelet craquelé. C’est ce que l’on appelle un ornement  » à mufles de lion « . Il s’agit plus précisément d’une pièce en verre décorative en forme de médaillon soudée à un objet comme ci-dessus sur le gobelet. Un mufle représente finalement un masque d’animal. Il en existe d’autres types que l’on peut notamment retrouver dans l’architecture.

Le verre jambes à serpents

Verrerie des Flandres et des Pays Bas -Verre jambes à serpents- verre gravé – Armes de l’Espagne et des 17 provinces des Pays-bas – XVI siècle

J’ai l’impression que ce qui différencie un verre, d’une flûte ou d’un gobelet, c’est qu’il est plutôt élancé mais pas trop, qu’il comporte une jambe plus ou moins longues contrairement au gobelet qui lui est plutôt sans pied ou bien très court et dont le récipient est plus épais que pour un verre. Mais peut-être pourrez-vous m’en dire plus à ce sujet dans les commentaires ? C’est peut-être une question de dimensions …

En tout cas, j’ai appris que ce type de verre à pied très décoratif, réalisé à partir de cannes de verre décorées et torsadées portent le nom de jambes à serpents. C’est encore aujourd’hui un style exploité par de nombreux artistes, je pense notamment aux artistes Karina Guevin et Cédric Ginard.

Verre à boutons ou Gobelet à jambes soufflées ?

Alors, voilà un cas intéressant. Deux verres, dont la description fait que je ne comprends plus la différence entre un gobelet et un verre.

Pour moi nous avons ci-dessus deux verres à jambes soufflées et effectivement une flûte que l’on reconnait par sa hauteur exceptionnelle (à droite de la photo de gauche). Une autre différence dont je n’ai pas su comprendre la subtilité, c’est que nous avons à gauche un verre à boutons et à droite un verre avec une jambes dîtes soufflées. Si vous pouvez m’éclairer sur ces points, encore une fois, n’hésitez pas.

Verre à coquilles ?

Là encore un cas intéressant. On comprend bien la différence entre une coupe et un verre ou un gobelet. C’est une question de taille. La grande coupe blanche décorée de cannes torsadées porte le nom de Coupe à coquilles car cette forme est inspirée par les coquillages à pointe.

Alors, je me demande pourquoi l’autre verre de droite, ne porte que le nom de verre à jambes…

Les coupes et les coupes fermées

Impossible ne pas montrer de plus près la grande coupe blanche fermée, une pure merveille entièrement décorée avec la technique dite reticello avec inclusions de micro bulles d’air entre chaque croisement de ligne de verre blanc. Une splendeur. Malheureusement je n’ai pas la description qui l’accompagne.

Sujets et miniatures en Verre filé

Pour finir cette visite du pôle verre du musée, j’ai gardé le plus exceptionnel à mes yeux, cette scène de La commedia dell’arte. Je n’avais jamais vue une telle composition même dans les plus beaux livres que j’ai eu l’occasion de feuilleter. J’ai été émerveillé de voir cela. Les chandeliers sont en verre, les personnages et les animaux ainsi que la petite vaisselle.

Verrerie de la renaissance – Musée National de la Renaissance –
La Commedia Dell’Arte – Jacques Raux – Nevers – XVII siècle – Verre filé et émaillé
Verrerie de la renaissance – Musée National de la Renaissance –
La Commedia Dell’Arte – Jacques Raux – Nevers – XVII siècle – Verre filé et émaillé

Dans ce théâtre miniature, tous les éléments ont été filé au chalumeau, à la lampe comme on le disait autrefois selon les techniques des verriers vénitiens. J’ai tenté de rechercher des informations rapidement sur Jacques Raux en vain. Apparemment cette œuvre aurait été restauré au XVIII siècle mais je ne peux pas l’affirmer. Là encore, si vous souhaitez contribuer à cet article vous pouvez me faire parvenir vos informations.

J’espère que vous aurez découvert des objets intéressants et appris du nouveau vocabulaire grâce à cet article et que cela pourra enrichir votre parcours. Je ne connaissais pas moi-même ce qu’étais par exemple un décor  » mufles de lion « . C’est pourquoi je me suis sentie inspirée pour partager cela avec vous de cette façon.

Quoiqu’il en soit le Musée National de la Renaissance est un endroit qui mérite d’être connu et visité plus d’une fois et en toute saison car son parc et sa belle forêt sont des espaces très agréables. J’ai régulièrement la chance de pouvoir m’y promener et m’y ressourcer puisque je vis à quelques minutes seulement de ce lieu historique, c’est pourquoi je vous le recommande.

Je regrette de n’avoir pas pu faire davantage de photos et de meilleure qualité, mais je ne m’attendais vraiment pas à découvrir une telle collection. Je peux donc vous affirmer que j’aurai le plaisir d’y retourner à l’avenir et de vous faire découvrir en meilleure qualité ces pièces aussi uniques que sublimes ainsi que d’autres éléments très inspirants et instructifs que j’ai apprécié là-bas, notamment la collection de bijoux ou encore les livres que l’on y trouve.

Si vous avez apprécié cette découverte, sachez qu’à l’heure où j’écris ce post, une exposition est actuellement en cours au musée autour du verre émaillé de la renaissance jusqu’au 14 février 2022 et que cela me semble être une exposition d’une incroyable qualité ! Vous pourrez en savoir plus en vous rendant sur le site internet du musée lui-même et vous procurer le dossier de presse très fourni qui comporte des photos des pièces présentées. Je vous assure que c’est un vrai régal pour les yeux.

Avez-vous dans vos alentours un musée qui vous a charmé dernièrement où il y est exposé de belles pièces en verre ? Dîtes moi tout !

En tout cas les verriers, je vous souhaite une bonne flamme comme toujours et à bientôt pour une nouvelle découverte !

Nathalie.

LECTURE | Histoire du Verre : l’antiquité par Florence Slitine

Gobelet sur pied Egypte, XVIII dynastie, règne de Thoutmosis III 

Le livre dont il est question ici, Histoire du verre : l’antiquité par Florence Slitine, paru en 2005 par les éditions Massin, fait partie des meilleurs ouvrages sur le verre que j’ai pu lire en 2016.

Si vous souhaitez découvrir ou approfondir vos connaissances notamment sur l’histoire du verre, c’est un livre à inclure sur votre liste. Cet ouvrage de 173 pages nous offre une multitude d’images accompagnées de textes clairs et très enrichissants.

Le livre débute avec un chapitre consacré à la fabrication du verre brut et enchaîne sur les premières approches, puis les verres préromains et les verres romains. On découvre ensuite l’usage du verre à cette époque et l’apparition des différentes signatures et autres inscriptions sur le verre. Cet ouvrage se termine sur quelques pages concernant l’étude des verres anciens par les techniques de laboratoire et sur la restauration des Verres Antiques.

Fragment de tablette cunéiforme décrivant une recette de verre (Mésopotamie

Le contenu est absolument passionnant par la qualité des textes et la diversité des pièces qui y sont présentées.

Selon un premier feuilletage du livre en diagonale, mes yeux s’arrentent tout d’abord sur un fragment de tablette cunéiforme décrivant une recette du verre puis sur une tête d’homme incroyable avec une bélière et une barbe en tortillon épatante.

Je découvre ensuite une série d’amphores décorées avec une technique que j’affectionne particulièrement et que l’on nomme dans le livre  » décors en zigzag » puis il y a ces perles visages réalisées avec des murines et pour finir mon regard se pose sur un bol en verre reticelli. Il s’agit d’une technique décorative basée sur ce que nous appelons aujourd’hui les canes torsadées.

Je découvre ensuite une cuillère en verre mosaïqué et je fini sur un pendentif représentant une tête de méduse.

Voilà déjà qui en dit long sur la diversité des pièces qui témoignent du savoir-faire des artisans à l’époque de l’antiquité. 

Au fil des pages, on découvre toutes les étapes qui ont permis d’avancer dans le travail du verre. Le travail de la terre nous a mené à la glaçure, qui nous a mené au verre primitif. Par la suite ces découvertes ont poussé les artisans à vouloir créer du verre plus stable et de différentes couleurs.

Il a fallu attendre 4 siècles depuis sa création, pour que le verre transparent ne voit véritablement le jour, jusque-là il était opaque.

Pour façonner les objets de verre creux, ils avaient recours à l’utilisation de noyaux de terre qu’ils recouvraient de verre. Est apparu ensuite le soufflage du verre à la canne et comme à chaque fois, chaque découverte apporte son lot de déclinaisons stylistiques. On invente ensuite le moule puis les premiers récipients standardisés.

Le livre nous dévoile encore d’autres techniques décoratives comme le verre diatrète qui pourrait être l’inspiration à ce que nous appelons du verre dentelle actuellement.

On découvre ensuite le travail de surface du verre à froid avec la peinture à l’or puis la gravure sur verre avec notamment l’apparition des verre-camés.

Ce long processus créatif nous mène directement vers l’étape finale de tout objet : la signature des artisans sur les pièces afin de garantir le savoir-faire ou la provenance des objets.

Perles de verre avec fresque de portraits mosaïqués (murines) proche orient Ier siècle ap JC.

Il n’y a malheureusement que deux pages illustrées concernant les perles de verre, pour évoquer leur importance dans la parure.

Mais heureusement d’autres livres ont consacré aux perles tous les mots qu’elles méritent notamment celui de Lois Sherr Dubin, Histoire des perles : de la préhistoire à nos jours.

En tout cas, l’histoire du verre de l’antiquité m’a ouvert les yeux sur le travail artistique du verre contemporain dans la verrerie au chalumeau.

Après de telles découvertes il est plus facile de faire des rapprochements ou de créer des liens entre le passé et le présent.

Aujourd’hui nous faisons preuve de beaucoup de créativité stylistique et beaucoup de travaux sont en cours dans le monde entier pour continuer d’explorer le verre et ce même si la base est déjà bien écrite. Je pense aux inclusions et aux implosions qui sont deux techniques qui explosent actuellement.

Je me dis qu’innover dans les formes pures est un challenge mais, l’idée de pousser à son potentiel maximum chacune de ces techniques décoratives pour aller vers un savoir-faire technique de haut niveau, est certainement le challenge de notre époque.

Il suffit de voir la demande qu’il existe pour les stages en master class ou tout simplement l’admiration que nous éprouvons devant les œuvres des plus grands verriers au chalumeau de notre siècle. Voir aussi les nombreuses innovations autour de l’outillage et des matières premières, nous permet aussi de nous rendre compte que le verre veut nous emmener loin car le verre captive tous ceux qui le découvre et ce depuis l’antiquité.

J’espère que cette review vous a donné envie d’en savoir plus et que vous aimerez découvrir ce livre par vous-même.

Pour la petite astuce, c’est une amie qui a chiné ce livre d’occasion pour moi et qui l’a obtenu pour 5 euros à Gilbert Jeune. Donc si vous passez par St Michel à Paris, un petit tour peu valoir le coup !

Dîtes moi en commentaire si vous avez d’autres livre sur le sujets susceptibles de m’intéresser, merci et Bonne flamme !

Nathalie.

L’art de la MICRO-MOSAÏQUE Italienne

C’est en automne que j’ai trouvé en brocante dans les alentours de Bourges cette broche, enfouie dans une boite en fer sous des tas d’objets en tout genre comme des boutons, des médailles et des rubans…

Si vous êtes aussi un amateur de brocantes, c’est absolument dans ce genre de boites que vous devez chercher quelque chose, c’est le meilleur conseil que je puisse vous donner aujourd’hui !

J’aime particulièrement cette broche à cause de sa forme en rosace, qui me rappelle un peu de cadran d’une boussole.

Le décor réalisé avec l’accumulation de petits morceaux de verre étirés, me plait énormément tout comme la finition laiton. C’est ce qui m’a attiré lorsque je l’ai trouvé et je n’ai pas hésité à me l’offrir pour 2 euros.

Au fil de cette lecture vous comprendrez pourquoi.

Micro mosaique bijoux anciens brocante anthiquité

Cette broche décorée d’une micro-mosaïque smalti filati s‘est avérée être en fait un petit bijou de l’époque Victorienne. Je n’en avais jamais vue d’aussi fine et soignée que celle-ci auparavant. La majorité des objets en micro mosaïque que j’ai pu voir étaient plutôt grossiers et sur des bases en laiton doré ou argenté.

Je me suis rendu compte que les bijoux de ce type sont plus rares. Il est difficile de se rendre compte des dimensions, mais les micro plaquettes de verre ici, ne font pas plus de deux millimètres pour les plus grandes et moins de la moitié d’un millimètre pour les plus petites.

Après mes nombreuses recherches et comparaisons, j’en ai déduit que cette broche datait de l’époque victorienne de par son sertissage et les motifs des micro canes de verre. Malheureusement, la broche ne comporte aucun poinçon et il manque quelques tuiles de verre dans l’un des six compartiments pointus. Ce qui lui fait certainement perdre de la valeur.

Mais pour moi, avoir un petit trésor du 19 -ème siècle entre les mains me comble déjà, j’adore, tout simplement.

Il y a vraiment matière à s’intéresser de plus prêt à cette technique qui est tout à fait liée au travail du verre au chalumeau, puisque pour réaliser les morceaux de verre, il faut reproduire les mêmes gestes que pour la fabrication de murines, en moins complexe.

Moins complexe ne veux cependant pas dire plus facile. Après avoir composé le motif souhaité, il faut l’étirer de la façon la plus fine possible et la difficulté se trouve dans cette étape-là. Car conserver un motif net comme les formes triangulaires, sur un morceau de moins d’un millimètre de large, n’est vraiment pas évident surtout si l’on veut conserver des couleurs prononcées et bien distinctes.

Beaucoup de pièges sont donc à éviter et à contourner dans cette technique.

Vers 1727 l’art de la micro-mosaïque apparaît grâce à deux artistes : Cesare Aguatti et Giacomo Raffaelli qui avec la confection de minuscules morceaux de pâte de verre issus d’un mélange d’émaux portés à fusion, réalisent des mosaïques miniatures.

Entre le 18 ème siècle et le 19 ème siècle, cette technique permettait surtout de rapporter de voyage des reproductions de paysages Italiens, avec le temps et la demande qui augmentait, les pièces ont malheureusement perdues de leur finesses. Cependant de nombreuse Ladies, ont pendant l’époque victorienne reçues de magnifiques cadeaux sous formes de broches, de pendentifs, de boucles d’oreilles ou de bracelets.

Cette technique avait réussi à franchir le cap de la décoration souvenir pour prendre place dans la parure de ces dames, car la réputation de ces bijoux n’était plus à faire et cette technique était hautement considéré. Vers 1860, les artisans de Murano développèrent un style bien identifiable par le travail de couleurs vives et de motifs floraux, que je trouve particulièrement bohème.

Cette technique n’a absolument pas disparue et revient même sur les devant la scène, enfin pas n’importe quelle scène ! Le luxe s’est intéressé de très prêt à la micro mosaïque ces dernières années, notamment Piaget Altiplano pour la décoration du cadran d’une montre mais aussi Dolce & Gabbana, pour la décoration de lunettes de soleil.

Les créations sont magnifiques. C’est un travail extraordinaire et je félicite les petites mains qui ont réalisé ces pièces exceptionnelles, ces petites mains qui travaillent toujours dans l’ombre et qui pourtant font la réputation de ces grandes maisons.

J’espère un de ces jours m’atteler à la confection de ces micro canes de verre afin de restaurer cette broche, j’aimerais également la nettoyer. Je vais donc me renseigner sur la façon de procéder pour rafraîchir cette superbe broche et tenter d’en connaitre davantage sur la micro mosaïque de l’époque victorienne.

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire.

Sinon, bonne flamme !

Nathalie.

Comment fabriquer de la fritte de verre avec un moulin à café

De nombreux décors sont obtenus à partir de verre pilé, que nous appelons aussi fritte de verre ou en anglais Glass Frit.

Cette technique permet d’obtenir des motifs irréguliers et spontanés. C’est un procédé simple et efficace car il suffit de rouler le corps de la perle chaude dans la fritte, les grains vont alors se coller sur le verre et il suffira ensuite de fondre la perle dans flamme du chalumeau, pour la lisser selon son envie.

La fritte de verre peut être utilisée d’autres façons, notamment avec la technique proposée par Suzan Kennedy avec les Frit Twisties.

Concernant la fritte de verre, différentes tailles de grains sont produites. Généralement, trois catégories sont disponibles en vente. Vous pourrez trouver des grains fins, moyens et épais.

Le très fin, semblable à de la poudre peut être considéré comme de l’émail. Il ne faut pas confondre non plus la fritte de verre avec le verre fritté car ce dernier relève plutôt de la verrerie scientifique.

Selon le livre de Lois Sherr DubinHistoire des Perles de la Préhistoire à nos jours, édité en 1987, les premières perles enroulées et décorées avec des granules de verre lissées, dateraient de l’Empire romain, environ entre 300 et 500 ans après Jésus Christ.

De nos jours, plusieurs entreprises proposent à la vente toute une gamme de fritte de verre avec une granulométrie variée. C’est un service bien utile si l’on utilise régulièrement le verre sous cette forme pour créer ses décors et cela présente un avantage qualitatif appréciable au niveau de la régularité des grains.

Néanmoins, il est tout à fait possible de fabriquer sa propre fritte artisanale à partir de ses baguettes de verre. C’est un excellent moyen de recycler les chutes de baguettes ou encore les perles qui présentent des défauts. Cependant, il faudra veiller à bien nettoyer ces dernières avant de les concasser afin d’éliminer tout résidus de séparateur.

Pour fabriquer de la fritte de verre il existe différents procédés.  A l’échelle industrielle, le verre porté à fusion est alors trempé dans un bain d’eau froide, le choc thermique fait éclater le verre en granulé, ce procédé est parfaitement reproductible dans nos ateliers. Il faudra veiller à ce que l’eau reste bien froide pour chaque trempe.

On peut également casser le verre à l’aide d’un marteau ou investir dans un concasseur spécialement conçu pour cette utilisation.

Pour ma part, j’ai opté pour une solution plus économique et qui pour le moment remplit bien le cahier des charges, à savoir produire des granulés de taille variées et pouvoir les travailler.

J’utilise un ancien moulin à café de la marque Peugeot Frères, modèle A00, dont les mécanismes et les engrenages semblent très résistants puisque tout est en fonte. C’est un bel outil, un outil de collection même !

La fabrication des moulins à café de cette marque s’est effectuée entre 1864 et 1930, plus de 1000 moulins à café étaient alors produits par jour à une certaine époque ! Serait-il finalement un sacrilège de l’utiliser de la sorte ?

Quoi qu’il en soit, je l’ai trouvé sur le bon coin pour 45 euros, ce qui, en comparaison à un concasseur reste un prix tout à fait abordable et j’éprouve un certain plaisir à l’utiliser, car il est très beau.

Il faut certes, mettre un peu « d’huile de coude » dans le processus pour moudre le verre, mais cela fonctionne bien.

Lorsque le verre est cassé en milles petits morceaux comme ici, pour produire de la fritte, mais aussi lorsque nous coupons des baguettes de verre avec la pince, de la poussière s’envole dans l’air.  Cette poussière est composée de micro particules de verre. Il faut vraiment être très prudent et ne pas respirer cette poussière, car cela peut entraîner de graves problèmes aux poumons. Il est recommandé de porter un masque et de travailler sous hotte ou avec du verre humide à ce moment-là.

Alors, comment fabriquer de la fritte de verre avec un moulin à café  ? 

  1.  Parez-vous d’un masque de protection, de lunettes de protection, travaillez sous la hotte aspirante ou à l’air libre. Vous pouvez aussi humidifier le verre auparavant.
  2. Récupérez les chutes de baguettes de verre et munissez-vous d’une pince coupe verre à disque ou à mâchoires ainsi que du moulin.
  3. Coupez les baguettes de verre à l’aide de la pince.

Déposez les morceaux de baguettes dans le bol, afin que l’engrenage puisse broyer le verre.

4. Fermez la porte soigneusement et actionnez la manivelle.

Cette étape peut être un peu difficile, forcez et effectuez des à-coups. Répétez l’opération sans ouvrir la porte jusqu’à ce que la manivelle tourne sans aucun effort à produire. Cela signifie alors, que tout le verre est cassé et qu’il est désormais dans le tiroir.

Fermez la porte soigneusement et actionnez la manivelle. Cette étape peut être difficile, forcez et effectuez des a-coups.

5. Le verre est à présent dans le tiroir. Attention, lorsque vous ouvrirez le tiroir, la poussière de verre va alors s’échapper. C’est à ce moment-là qu’il ne faut pas respirer le nuage de poussière.

Vous pouvez voir les granules de verre de différentes tailles recouvertes d’une fine poussière. Versez le contenu dans un bol d’eau, afin de nettoyer le verre et faire en sorte que les micros particules ne s’envolent plus dans l’air.Puis, transvasez la fritte de verre sur des feuilles d’essuie tout, afin que l’eau soit absorbée et que le verre puisse sécher.

Ouvrez le tiroir avec attention, la poussière de verre va s'échapper. Versez le contenu du tiroir dans un bol d'eau afin de nettoyer les granules puis transvasez la fritte de verre sur des feuilles d'essuie tout.

6. Voici la fritte de verre, nettoyée qui sèche sur une feuille d’essuie tout. Vous pouvez l’étaler davantage sur la feuille d’essuie tout.

Tamisez la fritte de verre artisanale à l’aide de tamis de différente taille, afin d’isoler les gros grains des moyens et des fins. Versez ensuite les différents contenus dans des boites prévues à cet effet.

Vous pouvez maintenant, réaliser de merveilleux décors à granules.

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J’espère que cet article vous aura apporté un peu de divertissement et d’enrichissement.

N’hésitez pas à me poser vos questions sur ce sujet ou à me faire part de vos propres observations sur la question.

Bonne flamme !

Nathalie.

Comment fonctionne le Thermomètre de Galilée

En découvrant la perle de verre au chalumeau, j’ai fini par découvrir l’univers du verre au chalumeau dans son entièreté. Ce qui explique mon intérêt aujourd’hui, à découvrir d’anciennes réalisations de la verrerie artistique notamment autour de la perle, de la sculpture mais aussi de la verrerie scientifique.

Cette dernière discipline est composée de nombreux objets de curiosité en tous genres, tous plus intrigants les uns que les autres et qui nous mènent directement dans les profondeurs de l’histoire, du savoir et de la science.

Ce qui tout d’un coup nous offre un champ de recherche vraiment très large autour du verre et qui n’en finira pas de nous surprendre.

Au détour d’une brocante à Nogent-le-Rotrou il y a deux ans, j’ai trouvé dans une des allées parmi les choses éparses, cet objet plutôt fascinant, un Thermomètre de Galilée. Il doit vous sembler familier, car je me souviens que dans les années 90 tout les manteaux de cheminées en étaient décorées.

Si cet objet est désormais relégué au rayon décoration d’intérieur, il faut savoir que sa conception remonte à plus de 350 ans ! Galilée, ce savant Italien avait imaginé au XVI siècle un objet approchant : le thermoscope, mais c’est finalement l’Academia Del Cimento dont ses deux disciples favoris Torricelli et Viviani, qui ont inventés le thermomètre  comme on le connaît et l’on nommé ainsi en son honneur.

Le thermomètre de Galilée est un tube de verre, dans lequel se trouve plusieurs capsules de verre scellées et de même taille, auxquelles sont accrochées des pastilles métalliques correspondant à une température comprise entre 18°C et 26°C. Le tube est rempli d’un liquide incolore comme de l’alcool éthylique ou un distillat de pétrole et de l’air ou du gaz, tandis que les capsules sont remplies d’un liquide colorés, de plusieurs couleurs.

Thermomètre de galilé galiléo galilei thermometer

Le principe est très simple, Galilée a imaginé un outil qui utilise la variation de densité d’un liquide lorsque la température varie. La masse volumique du liquide des capsules ne change pas contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est en effet le fluide incolore qui modifie sa densité en comprimant le gaz restant dans le tube au fur et à mesure qu’il chauffe et qu’il se dilate.

Quand la température monte, ce fluide se détend et sa densité diminue : quand cette densité atteint celle d’une ampoule et passe en dessous, l’ampoule, baignant alors dans un liquide devenu moins dense qu’elle, se met à couler. Pour connaître alors la température il suffit de lire la pastille en métal de la capsule la plus basse qui flotte encore en hauteur.

instrument phycisien galilée galileo galilei XVI siecle

Objets de décoration en verre sciences physique ampoules de verre scellées principe de flotabilité

Pointe de verre tube travail du tube au chalumeau thermometre de galilée

Le thermomètre à capsule est aussi connu sous le nom de « the cluster thermometer » ou « thermomètre groupé ».

Celui de Ferdinand II de Medicis, est une pure merveille de la verrerie ancienne. J’espère que mes collègues de la verrerie au chalumeau scientifique pourront confirmer ce que je vais dire, mais je pense qu’il s’agit vraisemblablement d’une verrerie soufflée à la lampe.

Il est composé de six fioles de verre selon le principe de Galilée et comporte six petites sphères de densité différente. C’est vraiment un objet que je rêve de voir de mes propres yeux au Musée Galilée de Florence en Italie !

Mais il y en a beaucoup d’autres, notamment les thermomètres en spirale ou les thermomètres hauts, ornés de points émaillés pour représenter les degrés. Réalisés par pur plaisir de voir l’eau grimper en fonction de la température de l’air soufflé dessus ou de la chaleur des mains nous les appelons également des « Bouillants »ici en France.

Outre le fait que le thermomètre soit un objet de curiosité indéniable, c’est aussi un bel élément décoratif, utile et instructif que j’aurai très envie de re-visiter un de ces jours !

Sincèrement, je suis très contente de l’avoir trouvé, je pense que les amateurs de Feng Shui sauront apprécier cet objet du fait qu’il est à la fois Yin, grâce à l’élément eau qui le compose mais aussi Yang par le verre. Bien que l’objet reste inanimé durant de très longs moments, il est apaisant de voir parfois les capsules colorées se déplacer lentement.

Le thermomètre de Galilée forme un tout vraiment relaxant, avec une très bonne capacité vibratoire. Du coup, j’aimerais beaucoup en avoir deux autres dans des tailles et des couleurs différentes pour organiser une sorte de trio décoratif, mais il est connu que dans le Feng Shui,  » trop de verre peut mener à une nervosité et à une incertitude supplémentaire qui entraînera des décisions qui prennent l’eau  » !

Mais bon … restons léger, comme dirait Galilée (1564 -1642), « le doute est le père de la création ».

Le thermomètre que j’ai ici n’est pas réalisé à la main et au chalumeau, mais plutôt de façon industrielle… Qu’en pensez vous ? Où sont-ils donc fabriqués ? Je suis curieuse de le savoir…

En tout cas, je pense que le concept est facilement adaptable à la table pour peu que l’on sache souffler du verre creux ! Alors, bonne flamme !

.Nathalie.


Autres sources : couleur-science.eu par Timo van Neerden, www2.cegep-ste-foy.qc.ca par  Jérôme Giasson

Mon stage avec Holly Cooper

Retour sur un stage de 3 jours avec la perlière américaine Holly Cooper !

En effet, J’ai eu la chance de suivre un stage de perfectionnement et d’approfondissement avec elle et j’ai pensé qu’il serait intéressant de partager cela avec vous.

Je vais vous montrer les photos des perles que j’ai réalisées pendant le stage, de cette façon pour pourrez voir le résultat du module A et B qu’elle nous proposait, à savoir : Perfectionner le façonnage et la pose des fils de verre puis dans un deuxième temps développer le travail des couleurs, dans le but d’élever le degré de précision dans ces techniques.

Mon parcours s’est enrichi au fil du temps grâce à plusieurs stages pour approfondir mes techniques, acquérir plus de maîtrise dans mes gestes et dans la compréhension du verre celui-ci. Celui ci est ma première master-class.

C’est l’Association des Perliers d’Art de France qui avait organisé ce stage exceptionnel en avril dernier à l’atelier de l’Âge du Verre de Pascal Guegan, à Chilly-Mazarin, en Essonne.

Nous étions une quinzaine et nous avions tous un chalumeau différent. Ce qui était plutôt pratique car chacun a pu choisir son chalumeau en fonction de son niveau ou de ses envies.

Généralement les stages se déroulent toujours dans une ambiance amicale et chaleureuse : Café, papotages et rencontres sont compris dans la formule !

C’était vraiment quelque chose pour moi de rencontrer Holly et aussi un vrai honneur d’apprendre d’une personne comme elle. Faire sa connaissance et pouvoir discuter un peu de son art et de ses habitudes était très agréable.

Son parcours est vraiment très singulier car avant de travailler le verre, elle travaillait la céramique et a découvert le verre dans un atelier collectif. C’est en combinant ses connaissances et en faisant travailler son sens de l’observation qu’elle a approfondi ses techniques en autodidacte et qu’elle a développé ensuite ses fameux motifs aux fils et les couleurs qui lui sont propre.

Comme elle vit au Texas, elle travaille constamment dans une atmosphère chaude la plus grande partie du temps, son poste de travail est simplement posé devant une fenêtre, qu’elle garde ouverte durant tout le temps de son travail. Ce serait une chose vraiment difficile à faire ici en France avec les saisons fraîches plus longues que les saisons chaudes.

Holly Cooper est connue pour son habileté à façonner des perles parfaitement équilibrées et travailler des couleurs totalement inédites sur ses perles de verre. Ses décors sont littéralement dessinés à main levé grâce à l’utilisation de fils de verre et sont incroyablement précis.

Sa signature artistique s’est développée autour de l’utilisation de différents matériaux, comme le cuivre et l’argent, mais elle joue aussi avec les émaux et les verres réactifs.

Elle élabore des combinaisons de couleurs et d’associations puis elle les applique comme des recettes de cuisine. Pourtant beaucoup de paramètres sont à prendre en compte pour réaliser ses combinaisons et ils ont un impact important sur le résultat final. Des détails comme le type de flamme, le choix des fluides, le temps de travail dans la flamme ou le temps de cuisson dans le four peuvent tout changer du résultat final et c’est là où Holly Cooper a développé tout son savoir-faire et la magie de ses perles.

C’est vraiment un processus intéressant, complexe, très créatif et très personnel qu’elle nous a transmis. Qu’elle chance d’avoir pu suivre son cours !

Antique glass beads inspiration reproduction de perles de verre anciennes

arabesque lignes droites feuilles d'argent double helix stage de perle

Glass Beads Arabian Style training class in france with holly cooper

inspiration Perle ancienne romaine stage holly cooper

Perles de verre stringer control decors au fil de verre

perles de verre au chalumeau feuilles d'argent email verre réactif bain d'acide

Resultat du stage avec holly cooper à L'age du verre

verre au chalumeau masque le verre au vernis acide et feuilles d'argent (1)

J’ai donc beaucoup appris et beaucoup découvert. J’ai réglé plusieurs points importants autour du façonnage pour obtenir un équilibre parfait afin de créer une perle qui tourne bien rond, quelle que soit la forme de la perle. C’était pour moi la chose la plus importante à acquérir pendant le stage car c’était là une des difficultés que j’avais du mal à résoudre par moi-même, notamment sur les grandes perles.

Pendant le stage, j’ai beaucoup regardé, écouté, questionné et noté. Cela peut sembler un peu difficile parfois de réussir à s’approprier un stage lorsqu’il est collectif, il ne faut pas hésiter à questionner le maître de stage mais aussi à échanger avec les autres participants. Car chacun possède des bases différentes et exécute les techniques différemment, donc c’est aussi un avantage en ce sens de suivre un stage collectif pour les conseils très personnels que l’on peut en tirer de ci, de là.

Pratiquer le plus possible pendant le stage est important aussi selon moi, car cela permet de voir quelles sont les vraies difficultés des gestes à reproduire ou des points stratégiques qui peuvent poser problèmes dans le déroulement de la technique. De plus on enregistre bien plus facilement ce qui a été vue parce que cela permet de prendre conscience des difficultés à franchir. Du coup, on peut immédiatement poser les questions au maître de stage afin de comprendre son erreur et la corriger.

C’est en tout cas une façon de fonctionner qui a de bon résultat sur moi et que je recommande. Par conséquent, j’ai pris plus de temps à façonner les perles et à poser les fils en début de stage qu’en fin de stage.

En fait, lors du module B consacré aux couleurs, j’ai justement mis de côté un peu mon envie de réaliser des perles parfaites, pour gagner du temps et multiplier les expériences avec le travail des couleurs. Le fait d’avoir pu travailler le jour d’avant le façonnage a été un avantage considérable sur ce module. Ceux qui n’ont pas pu suivre le module A ont dû avancer très vite sur la construction des corps de perles et sur les décors au stringer.

Apprendre les perles de verre au chalumeau - Le blog du verre au chalumeau

Je pense plus que jamais que se former toujours d’avantage est essentiel pour son évolution technique mais pour tout ce que cela apporte artistiquement mais aussi personnellement. Cela nous grandit.

Pour moi cela a aussi de l’importance si l’on considère que l’on fait partie d’un tout, d’une communauté et que le savoir transmit de cette façon ne pourra pas s’éteindre et disparaître bien au contraire. Ce qui pour l’histoire du verre au chalumeau est extrêmement important puisqu’il s’agit encore d’un métier rare et méconnu.

Après une formation, des portes s’ouvrent et le savoir-faire fraîchement intégré permet d’envisager le chemin de l’accomplissement artistique possible à suivre ! On se sent à nouveau pleins d’enthousiasme et de motivation. C’est énergisant !

La technicité d’un verrier est souvent le résultat de plusieurs années de recherches, d’essais, d’erreurs et de réussites mais aussi d’échanges avec les autres, car le regard de chacun permet d’appréhender les problèmes de différentes façons et de les résoudre ou les contourner.

Acquérir de la technique par le biais d’une personne n’est pas un frein au développement de sa propre personnalité contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser. Même si apprendre la technique de quelqu’un implique d’essayer son style, c’est à nous de savoir utiliser la technique pour s’épanouir en utilisant ses propres sources d’inspiration et ses propres observations pour enrichir le tout.

Comme les plus grands peintres, il faut d’abord avoir appris les bases, s’être entraîné aux bons classiques avant de pouvoir se l’approprier concrètement pour pouvoir ensuite le dépasser et aller dans la construction ou la déconstruction.

C’est en tout cas la façon dont je perçois les choses et le processus que j’utilise pour atteindre les buts qui se dessinent progressivement dans le temps.

La technique est synonyme de liberté pour moi. Une fois une technique acquise on peut réaliser toute sorte de choses et plus rien ne nous entrave… Jusqu’à ce qu’un autre challenge s’offre à nous !

Mais la technique ne fait pas tout et heureusement ! L’expérimentation fait appel à l’intuition, c’est inné. Elle est complémentaire et primordiale. Elle est à exercer le plus souvent possible et dans n’importe quel domaine artistique car on apprend toujours par soi-même si l’on fait preuve d’observation, de rigueur et de créativité.

En allant vers l’expérimentation, vous allez sans nul doute vous confronter à des obstacles. Et de ces obstacles vous allez peut-être découvrir quelque chose d’intéressant à approfondir…

C’est en tous cas ce que le parcours de Holly Cooper inspire et qui n’aimerait pas suivre ses traces ?

Sur ce, je vous souhaite une bonne et belle flamme !

Nathalie.